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À mon très cher Visiteur

(!) Blog en cours de redesignement (!)
Mais ça va de mieux en mieux !

Ce que la presse en dit:
"Hard to describe, voilà un blog des plus fantasques, entre couleurs, culture et musique. Dame Drakan nous offre là ce mélange de fruits si subtil, entre finesse et démesure, cette pomme à la française, juteuse dans l'humour et acide dans l'analyse. Elle invente ici ce que nous pourrions appeller la harp touch. En somme, l'art et l'élégance, associé au verbe et à l'extravagance !"
Tew Nork Yimes

 Le blog :
Petite nouveauté: l'ajout du module "le saviez-vous ?" à gauche. J'y glisserai quelques faits étonnants (ou inquiétants) sur l'environnement. ;)

 Môa :
• Humeur: Il neige !! Ouaaaais !
• Bonne résolution: Faire des fiches de révision ! ><
• Musique(s): Rhapsody ! Retournons aux sources :p
• En lecture: 1984, Orwell
• Citations: "L'expérience est une lanterne accrochée dans le dos qui éclaire l'arrière du chemin." Lao Tseu

Folies Textuelles

Jeudi 31 mai 2007 4 31 /05 /2007 17:25
    Cet après-midi le prof d'Histoire était pas là. J'ai donc mendié une feuille auprès d'une amie pour gribouiller un poème (que je posterais plus tard, quand je l'aurais retravaillé) et quelques croquis... Quand la cloche a sonné, une copine (enfin, quand je dis copine, c'est l'une de celles qu'on traite de "copine", mais qu'on déteste profondément, si vous voyez de quoi je parle...) qui, pour une fois - sans doute la seule dans sa pauvre vie ^^"" - a jeté un oeil à ma feuille. Elle a trouvé mon poème carrément super (nan, mais en fait c'est une vrai amie, je vous avais pas dit? XD), et elle m'a demandé de lui en écrire un, comme ça:

"Dis, tu m'écris un poème?
- Ok, mais tu dois me donner deux choses en échange.
- Lesquelles?
- Une feuille de papier, et un sujet."

    Elle me tendit une copie simple en murmurant: "La mer..." J'attrapai alors un crayon à papier, et en dix minutes, je lui écrivis un poème qui, je crois, compte dans mes grands meilleurs.



La Mer


Une matinée d’hiver et un million de reflets
Déjà flottent sur l’eau, multicolores,
Mordant le regard des passants, plongés
Dans les couleurs marines de l’aurore.

Un après-midi printanier et l’écume
Pleure ses larmes blanches sur le sable
Les enfants les regardent dévorer leurs dunes
Et laissent les vagues voraces évincer leurs fables.

Une soirée d’été; les amoureux baignent leurs pieds
Dans l’agréable tiédeur d’une dernière marée.
Le soleil se noie dans l’horizon, et la mer
Laisse dans leurs yeux un émerveillement sincère.

Une nuit d’automne; les feuilles dorées
Posées sur la grève, soudainement happées
Par la langue glacée des remous noirs
Qui les enveloppent dans leurs reflets d’ivoire.



Pour Anabel
De Raphaëlle.


Elle l'a jamais lu. (demain, sans doute... ¬¬)

Par Nyd Drakan - Publié dans : Folies Textuelles
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Jeudi 31 mai 2007 4 31 /05 /2007 17:52
    "Plings Plonks à la Harpe", telle est la phrase de l'acrostiche qui suit. C'est une forme de poème assez argéable à rédiger... celui-là, je l'ai fait durant le duel d'acrostiches sur Darzania, je mettrais sans doute quelques extraits sous forme de pièces de théâtre comme je l'ai déjà fait, mais on en a des pages et des pages, j'abrégerais, donc. A Best-Of is forthcoming :p

Harpisteries

Plusieurs notes envahissent l'air,  jouées à la va-vite
Laissant le silence coi, apportant quelques airs
Imbibés d'une poésie amoureuse - notre favorite!
Nimbant d'un lent lamant la nocturne atmosphère...
Gémissements, les sons se transforment en pleurs,
Semblent flotter, comme des murmures de voleur...

Philosophie musicale, apportant, telle un glaive
Le meurtre des désillusions, une véritable trêve
Obsèques d'une réalité qu'on ne supporte plus
Nécromancienne, cette musique soulage - elle tue.
Kyste de songes, accroché à tous les coeurs fragiles,
Suçant leurs espoirs, feignant de n'offrir que l'exil...

Apôtre de ses croches, prêtresse d'Euterpe
*

Laissant glisser ses huit ongles - ses serpes!
A la clarté de la nuit, Nyd offre cette diserte.

Harpisteries tendres, douces mélodies
Amour né d'une fusion née entre l'instrument
Refrain de toujours, la joueuse est étourdie
Parfaite rêveuse, de sa harpe éprise - absolument!
Entre autres, l'amour et l'art étaient son parti pris.



*
Euterpe était l'une des neuf Muses, fille de Zeus et de Mnémosyné, muse du chant lyrique et de la musiqe, elle aurait inventé la flûte. Son nom complexe m'aura valu une grosse tricherie sur une rime, on m'excusera ! :p
Par Nyd Drakan - Publié dans : Folies Textuelles
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Lundi 4 juin 2007 1 04 /06 /2007 16:54
" Tu verras, ce qui est trop marrant avec Raphaëlle, c'est qu'elle peut faire un super truc sur un thème de merde... Je sais pas, les gants, par exemple!"
Chloé

Huhu, je cite mon amie Chloé parce que c'est cette phrase précise qui m'a poussée à écrire ce poème idiot
xD Histoire de me prouver que, ça se trouve, je peux vraiment faire un truc regardable sur les gants (intelligent, hein? XD) Je me suis inspirée d'une journée de shopping avec ma mère, à Rome, on avait passé un bon bout de temps dans un magasin de gants en cuir - rhaa, quelle merveille! Je me suis trouvé des gants de capitaine qui me rendent encore plus impatiente que d'ordinaire quant à attendre l'hiver.

Les Gants

Celui-là possède un bouton doré
Qui luit doucement, cousu sur le côté.
Cet autre en a un bleu, posé sur le tendon;
Il ressemble assez à ceux de mon veston.

Le velours rouge bordeaux me tape à l'oeil
Il reflète, de la bourgeoisie, la couleur de l'orgueil.
Mais ce cuir sombre, ce jean trop usé,
Tous ces tissus que mes mains voudraient porter!

L'un me couvre le coude - quel style!
Un autre dévoile mes doigts malhabiles.
J'apprécie les "doublés de laine tendre":
Ils sont si doux que je ne peux les rendre!

Finalement, je craque pour ceux d'un boxeur!
Le cuir rouge, le bouton noir à forme de fleur,
Fourré de belle laine; il réunit décidément
Toutes les qualités du meilleur gant!
Par Nyd Drakan - Publié dans : Folies Textuelles
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Dimanche 10 juin 2007 7 10 /06 /2007 04:14
Je dédie ça à un homme qui se reconnaîtra...


Romance

Rongée par d'illusoires promesses,
Rendue ivre par le nocturne silence
Ponctué de soupirs larmoyants,
Je me meurs de mélancolie...

Je pleure toute la tendresse
Que j'ai perdu par la sentence.
Les regrets d'un avenir reluisant
De ces rêves maintenant endormis...

Plan cruel ou maladresse
Je dédie à cette romance
Ces sentiments salissants
Que j'éprouve cette nuit.


J'en profite pour rajouter celui-là, dédié à la même personne, que j'avais écrit il y a quelques temps... je l'ai jamais terminé ni travaillé, vraiment, mais bon...


Le pêcheur d'étoiles

Il était un petit rêveur
Qui, un soir, dévorant la nuit,
Pêcha dans le noir une lueur,
Quelque étoile timide qui luit...

Comme un amoureux, il avait,
Au prix d'une larme, la lune décrochée,
Mise à son hameçon: posté sur un nuage,
Il se perdit dans des pensées volages.

Lorsque sonna minuit pile,
Quelque chose tira sur son fil:
C'était Andromède, qui avait mordu,
Tirant la lune, à sa constellation suspensdue.

Elle était si belle; cette tendre poésie
Noyée dans le reflet de sa lumière
Ajoutait à sa timidité quelque sympathie;
Et le pêcheur sentit un goût amer...
Par Nyd Drakan - Publié dans : Folies Textuelles
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Dimanche 10 juin 2007 7 10 /06 /2007 04:36
Pour Adrien, qui m'avait défiée encore en poésages (j'avais fait Illusions pour lui), sur le Temps cette fois... pas super inspirée, j'ai mélangé Temps et Destin. Et j'en ai profité pour me soulager de quelques chagrins... Vous noterez des tas de citations de moi-même, et certaines personnes se reconnaîtront...
Je conseille, après une première lecture, de relire la première et la dernière strophe l'une directement après l'autre.



Ma Vie ( mon Temps )

C'est une goutte glacée qui lentement s'écoule
Née d'un ruisseau endormi, fuyant le creux de mes doigts
La pluie d'une hiver oublié, les larmes qui roulent
Tous ces jours passés à la fenêtre - j'ai froid...

C'est un rayon de soleil qui perce la nuit
La tiédeur du printemps, posée sur ma peau
Tous ces matins poisseux, quand sur ma joue endormie
Le jour est né, timide certes, mais beau...

C'est une larme de mousse, qui coule de ma chope.
Combien de fois, prise par un malheur malsain,
Ai-je goûté à la vésanie, quelques syncopes -
Le tintement des verres -, pour oublier un chagrin?

C'est un clair de lune, un ciel noir d'été,
Un silence astral, posé sur mon âme éprise
Je dors dans les bras d'un homme à peine rencontré
La leçon de l'amour prudent n'est pas apprise...

C'est une autre larme qui coule, brûlante et salée.
J'observe sur ma table une boîte de somnifères,
Et songe que sans l'amour de ma vie, je suis condamnée,
Quand le téléphone sonne d'un ton autoritaire.

C'est un vieil ami qui - en pleine nuit - m'appelle
A l'improviste, comme toutes les autres fois,
Il voulait simplement prendre de mes nouvelles:
"Dis, ta petite vie, elle devient quoi?"

C'est l'horloge de ma vie, qui a laissé le temps
Passer, cette fois, carrément trop vite;
Je n'avais vu que chagrins, espoirs, amants
Rien de constructif; je pleurai, sans aucun mérite.

C'est de l'incompréhension, dans la voix de l'ami:
Il pose des questions, sans trop savoir quoi demander,
Entre deux pleurs; je lâche quelques morceaux de vie;
Au bout d'une heure, je réalise que j'ai tout gâché...

C'est le temps, qui m'a semée il y a longtemps,
Qu'on me conseille vivement de rattraper,
Quelques plaisirs que la vie me doit maintenant,
Mes vieux rêves qu'enfin je m'autorise à retrouver...

C'est une goutte glacée qui s'écoule avec une lenteur sacrée
Née d'un ruisseau endormi, fuyant le creux de mes doigts,
La pluie d'un hiver retrouvé - les larmes cessent de couler,
Un instant passé à la fenêtre - je n'ai pas froid...
Par Nyd Drakan - Publié dans : Folies Textuelles
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Jeudi 14 juin 2007 4 14 /06 /2007 17:09
Maintenant je prends l'habitude d'emporter un carnet et un crayon à papier partout où je vais. C'est que, pour bouger un peu, je suis obligée de prendre le RER, et il s'avère que c'est une source d'inspiration inépuisable! Et puis, ne sachant pas dessiner, je n'ai pas le plaisir de me mettre dans un coin de lieu public pour croquer les gens... du coup, j'ai trouvé la parade, et je dessine les gens à coups de vers ^_^ Voilà donc mon premier essai!


Le RER
Dédié à Papa

Jeune femme, demoiselle métissée,
Un voile noir autour de sa peau dorée,
Séquestrant son visage doux
Qui riposte d'un sourire mou.

Un grand rouquin assoupi,
Tassé sur son siège défraîchi;
Il ouvre parfois un oeil hagard
Histoire de vérifier un nom de gare.

Un jeune africain semble plongé
Dans la contemplation agacée
De ce monde urbain qu'il traverse.
Pour le distraire, pas même une averse.

Un vieil homme souriant
M'observe tranquillement
Croquer la vie des passagers,
Que mon attention a remarqués...

Par Nyd Drakan - Publié dans : Folies Textuelles
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Vendredi 15 juin 2007 5 15 /06 /2007 18:30
Le second de la série urbaine, voir celui juste au dessous. Je me suis inspirée des villes traversées de chez moi à Saint-Lazare, et de Maisons-Laffitte, la ville de mon collège.


Ville de Banlieue

Une ville aux immeubles délabrés,
Que nous traversons désormais.
Un balcon s'accroche à son mur,
Supportant mal la chaleur qui dure.

Une ombre se tasse dans un coin de rue:
Elle attend le tintement d'une pièce perdue,
Tandis qu'une chaude odeur de levain
S'échappe d'une boulangerie plus loin.

Un jeune couple va main dans la main,
Vers son destin quotidien de lycéen.
Une poissonière de semaine hèle
Les gens qui passent, pêle-mêle.

Une fenêtre à demi brisée,  toute fendue
Témoigne d'une soirée récente, abattue
Par quelques verres d'alcool fort
- Enfin, cette fois, pas de morts.
Par Nyd Drakan - Publié dans : Folies Textuelles
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Vendredi 15 juin 2007 5 15 /06 /2007 18:41
J'avais envie d'essayer les vers un peu plus courts que d'habitude. Parce que beaucoup de poètes font pas aussi long que ce que je fais d'habitude, du coup j'ai eu envie de voir. C'est duuuuur >< 'faut trouver une rime quasi deux fois plus souvent... Du coup, il se rallonge au fur et à mesure xD


Un Mot

Un mot, peut-être deux,
Tracés à l'encre bleue,
Gisent sur le coin
D'une page mal en point.

Un mot doux, oublié
Sur une lettre jamais postée
Survit dans un sombre tiroir
Où l'on range de vieux espoirs.

Un mot crié, qui a échappé
Des lèvres d'une femme fâchée
Dont le coeur mourant
S'est ainsi vengé de l'amant.

Un mot d'adieu, glissé
Sous une porte fermée,
Qui remercie la Vie
Des mots, de la Poésie.
Par Nyd Drakan - Publié dans : Folies Textuelles
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Dimanche 22 juillet 2007 7 22 /07 /2007 00:25
Enfin, je me décide à mettre un truc en Anglais u_u C'est Shuräan (tous les commentaires postés sous le pseudo "Albel", c'est lui =p) qui m'a involontairement poussée à le mettre là, parce qu'apparemment je l'ai impressioné avec cette rédaction vaseuse =) Bon, c'est une rédaction écrite au téléphone, alors excusez la fin idiote, et le style très "rédaction" =S

A Close Friend.


    A little detail I loved was this litte cowlick that always - whatever the weather or time was - glided over his forehead. This delicate jet-black - and how gentle - snake ondulated along this small desert of white skin. Indeed! While his hair was tinged with the night's darkness, his skin was as white as the moon itself. He was taller than me, and how thin; I could guess the slenderness under his loose-fitting clothes. My old friend repeated that he had ordered some more muscles for his birthday - and the joke made me laugh more and more, as the years passed. An other thing was his look; these two irises were for me a real ocean of melted gold and bronze; how gliding they were, first guilt in bright, fire colours, then covered with infinite kindness and intelligence - how exeptional his eyes were!

    He had a wonderful imagination, filled with a multitude of dreams and tales. He was an artist at heart, and could tell any story I would have liked, interpretating the characters as an actor would do for a famous theatre play. His expressions while acting, the soudness of his words; he was capable of offering me the bests travels though the world, through time. He also played music, and was an amazing pianist. I enjoyed watching him during his moments of great concentration; I could see his fingers dancing on the black and white floor made by the keys, this fascinating ritual, producing the most beautiful melodies I have ever heard.

    He also had some short-comings: I had never seen a shyer person, or someone appreciating more silence than he did. He could stay perfectly still, simply listening to silence. Talking about himself was a torture, and knowing something about his background was designated as a real discovery.

    My best memory in his company was a summer night, a few years ago. He took the time of a whole night to tell me the stories and meannings of each constellation in the black sky. He then murmured: "If only I could catch one... one of these shinny stones, floating in the dark atmosphere... I would offer it to you." I could only answer with a tearfull look, filled with happy tears; he took me in his arms, a broken smile on his face, and we stood silent for a long time.

Once I thaught I loved him; but in fact we were simply very close to each other. We shared a lot of memories, stories and travels through our imaginations. Our friendship was so true, and eternal... His destiny decided to kill him in a car accident, some time ago. He probably went away to pick a few stars. I'll keep him in my heart for the rest of my life, but, despite my sadness... I'll remember he taught me what a true friend was.

Par Nyd Drakan - Publié dans : Folies Textuelles
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Dimanche 22 juillet 2007 7 22 /07 /2007 00:41
Je viens de retrouver un début de nouvelle (encore une pas terminée! À quand le Guiness des records?). C'est une introduction qui devait mener à un scénario du style "Je repense à toi, Soldat". Et puis non, finalement, malgré toutes les idées que j'avais pour faire quelque chose de sympa, c'est pas sorti. Allez savoir...
Donc j'ai appelé ce p'tit morceau de texte "Coup de Foudre". Il n'aura jamais de suite, et il est vraiment court, mais je me suis dit qu'il valait la peine que je le mette là.

Coup de Foudre

    Une douleur vive saisit mes tripes, sans prévenir. Sans les années d'entraînement qui m'enseignèrent la résistance, je me serais tordu de douleur, me tortillant dans la poussière brûlante de la cour. Mais il n'en fut rien; je tins debout, tête haute. Je sentis dans ma poitrine un battement de coeur un peu plus fort que les autres; d'ailleurs, à bien réfléchir, chaque palpitation se faisait plus forte, plus brève, plus rapide que la précédente. Elle passa devant moi, répandant dans l'air environnant son parfum envoûtant de délicatesse. Je mourais devant elle, tant sa beauté me piquait le coeur; sans pitié, son charme lancinait ma chair autant que mon âme; mon corps tout entier se trémoussait d'amour, alors que je ne l'avais aperçue qu'une fois. Comment se pouvait-il qu'une race si cruelle que la notre, corrompue par le pouvoir, ait pu mettre au monde créature si parfaite? Si j'avais été seul en cet instant, j'en aurais sangloté d'émotion. Elle passa devant moi, ne prêtant attention qu'à sa demoiselle de compagnie, une lueur inquiète dans le regard qu'abritaient ses deux yeux ocres, aux teintes orangées - existait-il au monde de plus beaux iris que ceux-ci? Je crois que les flammes de la passion avaient laissé leur empreinte autour de si belles pupilles. Et sa chevelure, noire de jais, aux boucles plus parfaites que les rondes houles de l'Océan! Et son corps, fin, élancé, tenu droit par cette modeste fierté, plus altier que ceux des plus nobles rois d'antiquité, camouflé avec goût par cette robe, simple et complexe à la fois, tant les tissus cousus sans détour étaient sublimés par la présence de ses courbes, juste sous eux! C'était le seul prédateur au monde, encore innocent, capable de saisir entre ses griffes la toute la fragilité d'un agneau nouveau-né sans la tuer du premier coup. Elle ne m'avait pas vu, pourtant elle tenait entre ses mains - ô combien délicates! - ma vie, mon âme, mon coeur - elle était ma raison de vivre.
Par Nyd Drakan - Publié dans : Folies Textuelles
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