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Le saviez-vous ?

Pour fabriquer un téléphone portable, il faut l'équivalent d'une piscine olympique en eau.

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(!) Blog en cours de redesignement (!)
Mais ça va de mieux en mieux !

Ce que la presse en dit:
"Hard to describe, voilà un blog des plus fantasques, entre couleurs, culture et musique. Dame Drakan nous offre là ce mélange de fruits si subtil, entre finesse et démesure, cette pomme à la française, juteuse dans l'humour et acide dans l'analyse. Elle invente ici ce que nous pourrions appeller la harp touch. En somme, l'art et l'élégance, associé au verbe et à l'extravagance !"
Tew Nork Yimes

 Le blog :
Petite nouveauté: l'ajout du module "le saviez-vous ?" à gauche. J'y glisserai quelques faits étonnants (ou inquiétants) sur l'environnement. ;)

 Môa :
• Humeur: Il neige !! Ouaaaais !
• Bonne résolution: Faire des fiches de révision ! ><
• Musique(s): Rhapsody ! Retournons aux sources :p
• En lecture: 1984, Orwell
• Citations: "L'expérience est une lanterne accrochée dans le dos qui éclaire l'arrière du chemin." Lao Tseu
Vendredi 4 septembre 2009 5 04 /09 /2009 18:44
"T'as fumé quoi ?", comme dirait Seb à la lecture du titre; rien du tout ! Aujourd'hui je voulais juste faire le point sur le sujet du concours 2009 de Science Po', histoire de voir:

Qu'est-ce qu'un esprit juste ?


Déjà le public de ce blog va se scinder en deux groupes: ceux qui ont démarré la philo ce matin, et ceux qui en ont déjà mangé à toutes les sauces.

Mais bon ! Entre les nouveaux et les rouillés, vous devriez tous aborder le sujet de la même manière :
En premier, définissons les termes: esprit = homme et juste = justice. Le mot clé étant juste, le sujet reprend le chapitre de philo qui se rapporte à la justice.
Conclusion: la problématique, c'est "qu'est-ce qu'un homme de justice ?" C'est du moins la question à laquelle ont répondu 90% des candidats. Sachant que Science Po' n'en prend que 10%, vous avez 20 secondes pour trouver l'erreur ! *grand sourire sadique à l'attention des candidats qui liront cet article avant la publication des résultats*

Eh oui, les bacheliers qui ont non seulement loupé leur mention TB ont aussi loupé le deuxième substantif de "juste": justesse. Bouh ! Le sujet parlais certes de justice, mais aussi de justesse, c'est-à-dire de vérité. Il ne nous reste que deux tâches, qui ne sont pas des moindres: définir le sens du mot "esprit", et trouver quel est le rapport entre la justice et la justesse.
Pour ceux qui ont fait du latin, vous savez déjà que esprit vient de "spiritus", qui signifie souffle. Ainsi, l'esprit divin est en réalité le souffle divin; c'est donc une chose en mouvement, dynamique.
Mais la vérité, au contraire, est une norme. Comment un esprit en mouvement pourrait-il se conformer aux normes figées ? Je vous le donne en mille: la critique. Critique est un mot qui vient du grec et qui signifie tamiser. C'est donc faire le partage entre le bon grain et le mauvais, que l'on appelait ivraie. Le rôle de celui qui cherche la vérité, la justesse, c'est de faire preuve d'esprit critique, et de rendre la justice avec justesse. Ça, mon vieux, c'est de l'esprit juste.

Voilàààà ! Si vous avez tenté Science Po' et que vous avez écrit la première version, toutes mes condoléances. Je vais aimer la philo, moi.


NB: J'ai pas trouvé ça toute seule, hein :p Ça vient de mon cours de Science Po ;)
Publié dans : Culture Générale
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Jeudi 3 septembre 2009 4 03 /09 /2009 12:18
   Eh oui, me revoilà en pleine forme, et revenue de deux mois bourrés d'aventures dont j'aurai l'occasion de vous reparler.

   La nouveauté de l'année ? Je suppose que vous l'avez déjà remarqué avant même de commencer à lire cet article ! Ce nouveau design n'en est qu'à ses débuts, et il va mettre un peu de temps à aboutir. Mais bon, je tenais à le mettre en exercice dès mon retour sur la Toile, ne serait-ce que pour commencer à remanier les 259 articles qui composent ce blog. :p
   Toutefois, ne croyez pas que j'ai passé mon été à prendre des cours de
Photoshop et de html: c'est Perlune qui s'en est entièrement occupé - je me suis contentée de lui donner des coups de fouet. Le projet actuel, c'est encore rajouter une bannière en forme de gros nuage avec un soleil et de l'herbe en bas de la page, dans un graphisme façon dessin animé.
N'hésitez pas à me faire part de vos suggestions !
   Si vous vous imaginiez un tout autre design, tant pis pour vous ! Je vous ai posé vingt fois la question pendant l'année :p


   En ce qui concerne le
contenu du blog, je pense garder les mêmes thèmes: ma vie pas-sion-nante, l'écologie, la politique, la philosophie, des critiques diverses... N'oublions pas que cette année je prépare des dossiers pour des universités, et que ce blog est l'occasion ou jamais de réunir mes lectures, impressions etc. Si vous avez des questions ou des remarques à faire concernant lesdits domaines, laissez-moi un petit mot et je me ferai un plaisir d'essayer de commenter tout ça.
   L'idée, c'est que je compte poster quelque chose de sérieux au moins une fois par semaine, et le reste - ma vie, mon oeuvre, mes photos - quand l'envie et le temps m'en prennent.

   Ah, et j'en profite pour vous communiquer une seconde nouveauté: mon e-mail n'est plus sur wanadoo mais sur gmail. (ahem.) Pour l'adresse, regardez dans le module sur votre gauche ! ;)

Harpistiquement,
Nyd
Publié dans : Morceaux de Vie
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Vendredi 3 juillet 2009 5 03 /07 /2009 20:07

Leur slogan: "Espèce en voie de protection !"

Lacoste s'engage donc dans la protection des crocos, qui se trouvent être leur mascote. Et ce en partenariat avec un entreprise pas très connue, Save your Logo. Outre l'aspect marketing absolument original qui booste l'image de l'entreprise, c'est agréable de voir qu'une grande marque comme Lacoste s'engage pour la planète.

C'est une démarche initiée par Save you logo:

"Le principe de Save Your Logo est simple :

Impliquer ces marques dans la conservation des espèces qui ont tant contribué à leur succès et ainsi proposer aux entreprises de contribuer et de soutenir des actions de conservation de la biodiversité."

 


Ainsi, Save your Logo propose à ses adhérents un programme en trois parties:

- Faire les efforts nécessaires pour protéger l'espèce, soit travailler avec des organisations compétentes etc. 

- Sensibiliser le grand public à ce genre de préoccupation (d'où la publicité, en partie)

- Faire partie d'un réseau d'entreprises engagées dans la protection de l'environnement.


Bref, un super concept, je trouve ! Hélas, le projet ne semble pas trop prendre; seuls Lacoste et la Maaf y participent; c'est relativement peu de clients, pour une compagnie internationale. Toutefois, je suppose que Save you logo est relativement jeune.


Bref, si papa-maman ont une entreprise avec un animal pour logo, vous devriez les pousser à jeter un oeil à ce truc ! En ce qui concerne ma maman, son entreprise a choisi une cellule cardiaque, c'est peu pratique :p

Publié dans : Environnement
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Mardi 30 juin 2009 2 30 /06 /2009 16:37
Je passe entre deux heures de rangement de chambre (une semaine de révisions et ma chambre passe du statut d'endroit vivable à dépotoir sans fond) pour vous proposer une petite liste de lectures pour les amoureux de culture générale ! De mon côté, je les lirai probablement dans le courant de l'année prochaine, je vous ferai de jolis résumés ! ;)

-    Platon : Gorgias, La République
-    Aristote : Les politiques, Ethique à Nicomaque
-    Machiavel : Le Prince
-    Marx : Manifeste du parti communiste
-    La Boétie : Discours sur la servitude volontaire
-    Pascal : Second discours sur la Condition des Grands
-    Hobbes : Le Léviathan, Le Corps politique
-    Rousseau : Dicours sur l’origine de l’inégalité, Le Contrat social
-    Kant : Projet de paix perpétuelle
-    Weber : Le Savant et le Politique
-    Arendt : Les Origines du totalitarisme, Qu’est-ce que la politique ?, La Crise de la culture
-    Lévi-Strauss : Race et Histoire
-    Ricoeur : Du texte à l’action
-    Todorov : Nous et les autres
-    Lipovetski : L’ère du vide
-    Manin : Principes du gouvernement représentatif

-    Dictionnaire de culture générale (F. Laupies)
-    Chronique des idées contemporaines (J. Roman)
(si avez une panne d'inspiration au moment de mon anniversaire, pensez à cette liste :p)

Et si vous vous intéressez plus à des problèmes d'actualité et à leurs répercussions économiques et politiques, je vous conseille très vivement:
-    Erik Orsenna: L'Avenir de l'eau
-    Amin Maalouf: Le Dérèglement du monde
Publié dans : Culture Générale
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Dimanche 21 juin 2009 7 21 /06 /2009 12:15
Pour changer des poèmes modernes, faisons un saut en arrière de mille ans à peu près pour rendre visite à la littérature des Vikings, dont je suis une fervente admiratrice.

Comme les textes sont un peu longs pour que je les mette ici, je vous propose de les télécharger (ce sont des fichiers Word) vous-mêmes:

Vikingen
Un poème sur la vie d'un jeune Viking, qui illustre bien leur idéal de vie.

Le Code du Viking

Des règles de vie, probablement idéalisées par les traducteurs (qui sont des poètes romantiques)...

Mon préféré est le second, mais je vous conseille de les lire tous les deux: ils reflètent bien la mentalité du Viking, sa vision du monde, son amour sans limites pour la mer et sa capacité à "mourir dans un éclat de rire", comme les clercs le disaient à l'époque.

Textes récupérés dans Les Vikings, Histoire, Mythe, Dictionnaire de Régis Boyer, éditions Bou
quins.
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Mercredi 17 juin 2009 3 17 /06 /2009 19:57
Soyons fous ! Un autre texte du même genre que le précédent, de Ponge - l'inventeur des proèmes, c'est bien ça.

Francis PONGE, Ode inachevée à la boue (extrait), Pièces, 1962.

  La boue plaît aux cœurs nobles parce que constamment méprisée.
  Notre esprit la honnit1, nos pieds et nos roues l'écrasent. Elle rend la marche difficile et elle salit : voilà ce qu'on ne lui pardonne pas.
  C'est de la boue ! dit-on des gens qu'on abomine, ou d'injures basses et intéressées. Sans souci de la honte qu'on lui inflige, du tort à jamais qu'on lui fait. Cette constante humiliation, qui la mériterait ? Cette atroce persévérance !
  Boue si méprisée, je t'aime. Je t'aime à raison du mépris où l'on te tient.
  De mon écrit, boue au sens propre, jaillis à la face de tes détracteurs !
  Tu es si belle, après l'orage qui te fonde, avec tes ailes bleues !
  Quand, plus que les lointains, le prochain devient sombre et qu'après un long temps de songerie funèbre, la pluie battant soudain jusqu'à meurtrir le sol fonde bientôt la boue, un regard pur l'adore : c'est celui de l'azur ragenouillé déjà sur ce corps limoneux2 trop roué de charrettes hostiles, 
dans les longs intervalles desquelles, pourtant, d'une sarcelle3 à son gué opiniâtre la constance et la liberté guident nos pas.
  Ainsi devient un lieu sauvage le carrefour le plus amène, la sente4 la mieux poudrée.
  La plus fine fleur du sol fait la boue la meilleure, celle qui se défend le mieux des atteintes du pied ; comme aussi de toute intention plasticienne. La plus alerte enfin à gicler au visage de ses contempteurs5.
  Elle interdit elle-même l'approche de son centre, oblige à de longs détours, voire à des échasses.
  Ce n'est peut-être pas qu'elle soit inhospitalière ou jalouse ; car, privée d'affection, si vous lui faites la moindre avance, elle s'attache à vous.
  Chienne de boue, qui agrippe mes chausses et qui me saute aux yeux d'un élan importun !
  Plus elle vieillit, plus elle devient collante et tenace. Si vous empiétez son domaine, elle ne vous lâche plus. Il y a en elle comme des lutteurs cachés, couchés par terre, qui agrippent vos jambes ; comme des pièges élastiques ; comme des lassos.
  Ah comme elle tient à vous ! Plus que vous ne le désirez, dites-vous. Non pas moi. Son attachement me touche, je le lui pardonne volontiers.

 

 

1 - honnir : couvrir publiquement de honte
2 - limoneux : plein de limon, de boue
3 - sarcelle : canard sauvage
4 - sente : sentier
5 - contempteur : personne qui méprise, dénigre.
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Mercredi 17 juin 2009 3 17 /06 /2009 19:50
Petite réflexion sur l'esthétique du laid chez les poètes modernes, avec un texte de Lautréamont.

Pour vous donner une idée, Lautréamont meurt vers vingt ans de je-ne-sais-quelle maladie, seul dans son appartement à Paris. Personne ne s'intéressant à lui, on le retrouve plusieurs mois plus tard à l'odeur de décomposition que son cadavre dégageait... Bonne lecture !


  « Le Pou », Les Chants de Maldoror, chant II, strophe 9 (1869).

 [...] Vous ne savez pas, vous autres, pourquoi ils ne dévorent pas les os de votre tête, et qu'ils se contentent d'extraire, avec leur pompe, la quintessence de votre sang. Attendez un instant, je vais vous le dire : c'est parce qu'ils n'en ont pas la force. Soyez certains que, si leur mâchoire était conforme à la mesure de leurs vœux infinis, la cervelle, la rétine des yeux, la colonne vertébrale, tout votre corps y passerait. Comme une goutte d'eau. Sur la tête d'un jeune mendiant des rues, observez, avec un microscope, un pou qui travaille ; vous m'en donnerez des nouvelles. Malheureusement ils sont petits, ces brigands de la longue chevelure. Ils ne seraient pas bons pour être conscrits; car, ils n'ont pas la taille nécessaire exigée par la loi. Ils appartiennent au monde lilliputien de ceux de la courte cuisse, et les aveugles n'hésitent pas à les ranger parmi les infiniment petits. Malheur au cachalot qui se battrait contre un pou. Il serait dévoré en un clin d'oeil, malgré sa taille. Il ne resterait pas la queue pour aller annoncer la nouvelle. L'éléphant se laisse caresser. Le pou, non. Je ne vous conseille pas de tenter cet essai périlleux. Gare à vous, si votre main est poilue, ou que seulement elle soit composée d'os et de chair.
 C'en est fait de vos doigts. Ils craqueront comme s'ils étaient à la torture. La peau disparaît par un étrange enchantement. Les poux sont incapables de commettre autant de mal que leur imagination en médite. Si vous trouvez un pou dans votre route, passez votre chemin, et ne lui léchez pas les papilles de la langue. Il vous arriverait quelque accident. Cela s'est vu. N'importe, je suis déjà content de la quantité de mal qu'il te fait, ô race humaine ; seulement, je voudrais qu'il t'en fît davantage. [...]
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Mardi 16 juin 2009 2 16 /06 /2009 19:12
(ça se dit, écologisme ?)

Encore un truc facile à faire (à J-3 du Bac, pensez-vous !): une vidéo ! À la fois percutante et poétique, vous ne regretterez pas les quelques secondes d'attention requises. N'hésitez pas à la faire passer ! (je peux vous l'envoyer par mail)


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Mardi 9 juin 2009 2 09 /06 /2009 12:36
Toujours dans mes révisions ! Un autre poème pour vous occuper: Claude Roy ressemble assez à Ponge; les deux donnent vie à des objets par la poésie. (pas le temps d'en dire plus !)



      La fenêtre fermée
 
La fenêtre fermée n’en réfléchit pas moins
Le monde qu’elle tient à l’écart d’elle-même
Les gens qui n’en finissent jamais de passer
Le ciel qui ne sait s’arrêter d’être ciel
Et la maison d’en face à l’ancre de ses pierres
De son toit de ses murs de son poids de maison
La fenêtre fermée n’est pas très sûre d’elle
Ni d’être ce qu’elle est ni de voir ce qui passe
La fenêtre fermée tournée vers son envers
Donne à la nuit dedans des nouvelles du jour
Et parle à la chaleur du froid qu’il fait dehors
La fenêtre fermée réfléchit lentement
Et triste traversée taciturne tapie
Rêve de retenir et de garder pour elle
(rien qu’un petit moment préservé de s’enfuir)
Ce chat ou cet enfant qui marchent dans la rue
Et traversent son eau sans y laisser de trace.

             Claude Roy, Poésies

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Vendredi 5 juin 2009 5 05 /06 /2009 18:10
1) ça fait quatre heures que je bosse sur la même chose, j'en ai marre;
2) comme Julien veut pas que je lise L'écume des jours de Boris Vian quand j'ai mes règles, j'ai décidé que quitte à poster un truc intelligent, ce serait un poème de lui;
3) oui, j'ai la flemme de rédiger mon article correctement. Littérature. Irrévérence. Na.
je deviens folle Merci à Christina (dans ma classe) qui nous l'a récité par coeur avec beaucoup de sensibilité; j'aurais jamais connu ce truc, sinon. Et puis je le trouve plus beau quand il est récité que quand il est lu.

Je voudrais pas crever
Avant d'avoir connu
Les chiens noirs du Mexique
Qui dorment sans rêver
Les singes à cul nu
Dévoreurs de tropiques
Les araignées d'argent
Au nid truffé de bulles
Je voudrais pas crever
Sans savoir si la lune
Sous son faux air de thune
A un coté pointu
Si le soleil est froid
Si les quatre saisons
Ne sont vraiment que quatre
Sans avoir essayé
De porter une robe
Sur les grands boulevards
Sans avoir regardé
Dans un regard d'égout
Sans avoir mis mon zobe
Dans des coinstots bizarres
Je voudrais pas finir
Sans connaître la lèpre
Ou les sept maladies
Qu'on attrape là-bas
Le bon ni le mauvais
Ne me feraient de peine
Si si si je savais
Que j'en aurai l'étrenne
Et il y a z aussi
Tout ce que je connais
Tout ce que j'apprécie
Que je sais qui me plaît
Le fond vert de la mer
Où valsent les brins d'algues
Sur le sable ondulé
L'herbe grillée de juin
La terre qui craquelle
L'odeur des conifères
Et les baisers de celle
Que ceci que cela
La belle que voilà
Mon Ourson, l'Ursula
Je voudrais pas crever
Avant d'avoir usé
Sa bouche avec ma bouche
Son corps avec mes mains
Le reste avec mes yeux
J'en dis pas plus faut bien
Rester révérencieux
Je voudrais pas mourir
Sans qu'on ait inventé
Les roses éternelles
La journée de deux heures
La mer à la montagne
La montagne à la mer
La fin de la douleur
Les journaux en couleur
Tous les enfants contents
Et tant de trucs encore
Qui dorment dans les crânes
Des géniaux ingénieurs
Des jardiniers joviaux
Des soucieux socialistes
Des urbains urbanistes
Et des pensifs penseurs
Tant de choses à voir
A voir et à z-entendre
Tant de temps à attendre
A chercher dans le noir

Et moi je vois la fin
Qui grouille et qui s'amène
Avec sa gueule moche
Et qui m'ouvre ses bras
De grenouille bancroche

Je voudrais pas crever
Non monsieur non madame
Avant d'avoir tâté
Le goût qui me tourmente
Le goût qu'est le plus fort
Je voudrais pas crever
Avant d'avoir goûté
La saveur de la mort...

 

Boris Vian.

 

Edit: Mister Hell (inconnu au bataillon) m'a indiqué une mise en musique vraiment sympatoche:

 

 

 
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