Mercredi 3 juin 2009
3
03
/06
/2009
17:18
Bonjour, visiteur ! Juste pour dire que l'enjeu n°1 de ma vie étant d'avoir mon Bac et d'exploser toutes mes notes, je vais
abandonner provisoirement mon blog pour ré... rév... enfin bref.
Pour vous "quitter" sur une touche de vie, voilà un (petit) récapitulatif des chansons que j'ai écoutées dans l'année, en fonction de l'humeur et des évènements.
... Bon, après je vais sûrement poster d'ici là, m'enfin au cas où je n'aurais vraiment pas le temps, vous êtes prévenus.
• Supporter le TPE
Spirit, l'étalon des plaines (film Dreamworks): Get off my Back
• Faire passer la dépression harpistique
Apocalyptica: I don't care
• Se donner du courage
Turisas: To Holmgard and
beyond
• Célébrer l'amuuur
Louis
Prima: Just a Gigolo
• La machine à décérébrer
Ultra Vomit: Je collectionne les canards
• Réviser le Bac
Mulan (film Disney): Comme un
homme
Sois plus violent que le cours du torrent
Sois plus puissant que les ouragans
Sois plus ardent que le feu des volcans
Secret comme les nuits de lune de l'Orient !
8D
Lundi 1 juin 2009
1
01
/06
/2009
17:59
... Pour terminer ce long week-end ! (et aussi parce que les révisions du Bac se font
longues et mangeuses de temps libre)
Connaissant les goûts de mon public (et surtout les miens), je vous en ai choisi deux: le plus salace et le plus poétique de ceux que j'ai lus.
Pour les ignares comme Julien (:p), le poète qui a écrit ça s'appelle Francis Ponge, l'inventeur des "proêmes", des poèmes
en prose.
Un extrait de l'article de Wikipédia: "Poète contemporain, il éprouve déjà, à l'âge de dix-sept ans, une violente
révolte contre le parler ordinaire : "N'en déplaise aux paroles elles-mêmes, étant donné les habitudes que dans tant de bouches infectes elles ont contractées, il faut un certain courage pour
se décider non seulement à écrire, mais même à parler" (Proêmes, "Des Raisons d'écrire",II). Les difficultés qu'il éprouve à exprimer sa douleur après le décès de son père en 1923 avivent son
sentiment d'un « drame de l'expression" (vous devriez lire la suite de l'article, c'est passionnant; je ne
mettrai rien sur mon blog, ça ne serait que du vil copier-coller tellement qu'il est chouette)
*****
L'adolescente
Comme une voiture bien attelée tu as les genoux polis, la taille fine; le buste en arrière comme le cocher du cab.
Tu te transportes, tu te diriges; ton esprit n'est pas du tout séparé de ton corps.
Pourquoi soudain t'es-tu arrêtée ?
- Les deux ampoules d'un sablier peu à peu se comprennent.
On jouit à la gorge des femmes de la rondeur et de la fermeté d'un fruit; plus bas, de la saveur et jutosité du même.
La Barque
La barque tire sur sa longe, hoche le corps d'un pied sur l'autre, inquiète et têtue comme un jeune cheval.
Ce n'est pourtant qu'un assez grossier réceptacle, une cuiller de bois sans manche: mais, creusée et cintrée pour permettre une direction du pilote, elle semble avoir son idée,
comme une main faisant le signe couci-couça.
Montée, elle adopte une attitude passive, file doux, est facile à mener. Si elle se cabre, c'est pour les besoins de la cause.
Lâchée seule, elle suit le courant et va, comme tout au monde, à sa perte tel un fétu.
Publié dans : Citations
2
Samedi 30 mai 2009
6
30
/05
/2009
14:00
Je vous l'accorde, ce post est complètement publicitaire, c'est mal et tout ça, mais il FALLAIT que vous voyiez ça.
Je voulais vous montrer les production d'un gars à la fois artiste et mécano qui customise des tas d'engins, et en particulier d'ordinateurs. Voilà quelques exemples:
Le "IBM Ergo Keyboard", un clavier de chez IBM customisé façon machine à écrire. Il en a fait des tas d'autres dans ce style vaguement
Nautilus.
Le dessus d'un ordinateur portable, le "steampunk laptop". Entièrement fait avec des mécaniques d'horloge.
L'ordinateur en question. Il s'allume avec la clé sur le côté (il y a une vidéo sur
son site, c'est très rigolo).
Le "brass en marble". Tout en léton, je crois.
Le "Nagy Magical-Movable-Type Pixello-Dynamotronic Computational™"; le clavier est fait avec une machine à écrire, vous pouvez distinguer le lecteur de CD juste au
dessus, puis l'écran. Le gros grimoire à droite, c'est un scanner - eh si ! Le tout sur une table de machine à coudre.
Vous vous douterez qu'il faut mettre le prix pour ces petites merveilles... *soupir* Mais je trouve que c'est une
véritable révolution en matière d'esthétique moderne; l'alliance du vieux et du neuf (et encore, il ne customise que de vieux PCs, mais si on lui fournissait un beau mac tout neuf...), avec la
classe indémodable de l'acajou, du léton et des machines à écrire... On se retrouve dans l'univers de Jules Verne sans perdre la dimension de science fiction que ses livres avaient à son époque. Oh
yeah !
Vendredi 29 mai 2009
5
29
/05
/2009
15:00
Sortons un peu du cadre traditionnel de la culture géniale générale
pour parler d'actualité.
Un petit résumé d'un article du numéro annuel des Clés du Monde. (je sais, c'est un magazine pour les jeunes, mais je m'en fous, j'ai l'âge)
L'écoterrorisme
Quand je dis "protection animale", je parie que vous pensez à Brigitte Bardot et à 30 Millions d'amis. Mais ces derniers temps, une nouvelle génération de millitants est arrivée. Fini les
pétitions: leurs armes sont les actions radicales. Eux préfèrent être qualifiés "d'activistes animaliers", les médias ont préféré un néologisme plus striking: les "écoterroristes".
Bien sûr, il y a les écoterroristes qui sont plus axés sur l'environnement en général que sur les animaux; j'en parlerai peut-être plus tard, qui sait...
• En France
En 2007, une entreprise spécialisée dans la fabrication de cages subit des dégradations.
En juin 2008, trois voitures et une partie des locaux d'une entreprise d'élevage d'animaux pour laboratoire sont incendiés.
On a aussi enregistré de nombreuses menaces contre les bouchers et les fourreurs.
On estime qu'ils sont une centaine, mais c'est difficile d'évaluer leur nombre...
• Aux États-Unis
Le gouvernement prend cette menace très au sérieux (pour changer). On estime les dégâts occasionnés à 100 millions de dollars en vingt ans.
• En Angleterre
Chez les rosebeefs, le mouvement date depuis plus longtemps: environ 1970, avec la création de l'ALF, l'Animal Liberation Front.
Ils sont plus actifs que chez nous, mais le gouvernement insiste: personne n'a été blessé ou tué à cause de leurs agissements.
• La Fédération Européenne des industries pharmaceutiques
... s'est réunie à Bruxelles pour évaluer cette nouvelle menace. Europol, le réseau de police européen, était présent.
ci-contre: une manifestation du LAF
Leurs revendications
Ils s'opposent à toute forme de violence faite contre les animaux: chasse corrida, expériences animales, et même l'élevage pour la consommation humaine. Ils critiquent aussi les zoos et les
cirques. Ces revendications ne posent pas de problème particulier, sinon leur mode d'action: la violence.
En bref, ils souhaitent que les animaux aient les mêmes droits que l'homme.
Noble cause ou folie furieuse ?
En y réfléchissant, pas vraiment. Certes, c'est difficile d'être entendu alors que les industries (agroalimentaires, cosmétiques, pharmaceutiques...) ont le poids économique qu'on leur connaît.
Mais il ne faut pas oublier que leurs actions sont illégales, même si aujourd'hui, c'est un moyen efficace de faire parler de soi. Jean-Marie Meyer, philosophe, se dit "choqué" par "les
intimidations envers les chercheurs." C'est vrai que placarder des affiches comparant un chien dans un laboratoire avec les juifs et l'Holocauste, c'est très osé.

"Faire de l'animal son égal, notamment en créant un droit des animaux, je trouve cela trèsdangereux. Prenons le cas des expérimentations animales à des
fins médicales. Ce seraitplacer la vie d'une souris avant le respect de la vie humaine. C'est très grave. Cela voudrait dire qu'on sprt du cadre de l'humanisme, qui est le fondement de notre
société." - Jean-Marie Meyer, philosophe
"La montée de ces actions, notamment les attaques contre les chercheurs travaillant sur l'expérimentation, est inquiétante. Il ne faut pas que ça se banalise. La
violence n'est pas une solution." - Bruno Verschuere, chercheur.
"Ça n'est pas prêt de s'arrêter tant que des animaux souffriront. Car c'est insupportable et ce désespoir est forcément dangereux." - Muriel Arnal, fondatrice de One Voice
Une affiche du LAF.
Vous voulez être écoterroriste mais pas dans l'illégalité ?
Vous n'avez qu'à rejoindre Le Clan du Néon. C'est un collectif créé en 2007 qui s'attaque aux néons des commerces, qui restent allumés
toute la nuit. Ils désactivent les interrupteurs, laissent un mot et filent dans l'obscurité. Ce n'est pas considéré comme une dégradation; vous n'aurez pas de problèmes avec la morale !
Publié dans : Environnement
1
Jeudi 28 mai 2009
4
28
/05
/2009
15:00
J'ai fait le pari avec Seb et Julien que j'aurais plus de visiteurs sur mon blog si je parlais de sexe. Allons-y gaiement,
donc ! Je vous propose deux tableaux qui se font écho.
Le premier, super connu: L'Origine du Monde, de Courbet.
Haha, si j'avais imaginé mettre ce tableau sur mon blog un jour !
Bref.
Ce tableau a été réalisé par Gustave Courbet en 1866. C'est une huile sur toile de 46x50cm. Si vous êtes des gens normaux (et j'espère que non), vous devriez être choqués par la prise de vue; non
seulement c'est super salace, mais en plus... qui est le modèle
?
Comme je n'y entends pas grand chose en art, je suis allée consulter Wikipédia, qui dit que le suspect n°1 se nomme Joanna Hiffernan. Hélas, on n'en sait pas grand chose sur cette femme; elle a été l'amante de Courbet et d'un autre artiste avant lui, James McNeill Whistler
(c'est lui-même qui l'a présentée à Courbet, d'ailleurs). Une Irlandaise, que l'on surnommait Jo. Tenez, la voilà posant pour Courbet:
La Belle Irlandaise (portrait de Jo),
Courbet
Qu'est-ce qui nous dit que c'est bien elle ?
- Après avoir peint son Origine du monde, Courbet et Whistler se sont sérieusement engueulés.
- Jo était son amante à l'époque.
- Cette hypothèse a été soutenue par les romanciers Christine Orban (J'étais l'origine du monde) et Bernard Teyssèdre (Le roman de l'origine), qui ont tous deux probablement réalisé un gros travail
de recherche pour aboutir à cette conclusion.
Dans ce cas, pourquoi un pubis brun et pas roux ?
Déjà, la peinture a pu brunir. Ensuite, il ne faut pas oublier que le tableau était assez choquant comme ça. Le roux étant une couleur provocatrice par définition, il y a de fortes chances pour que
Courbet n'ait pas voulu en rajouter une couche.
Après, l'hypothèse de Jo a été réfutée par l'historien Thierry Savatier (L'origine du monde, histoire d'un tableau de Gustave Courbet). Dans sa postface de 2009, ce dernier ajoute même une
hypothèse selon laquelle le modèle était enceinte, à en juger par son abdomen et la position des cuisses. Peut-être que les scientifiques pourront confirmer ?
Courbet le provocateur
Courbet et Manet sont les premiers, au XIX, a avoir représenté le nu de cette manière. À une époque où l'érotisme et le nu n'étaient tolérés que dans un contexte mythologique, il s'agissait d'une
véritable "révolution picturale", comme dirait Wikipédia. À la fois réaliste et irrévérencieux, Courbet, c'est la classe.
Pour la petite histoire, quand le tableau est arrivée au musée d'Orsay, un gardien a été affecté à la surveillance de cette seule pièce pour observer les réactions du public.
Passons maintenant à un clin d'oeil de ORLAN, une artiste plasticienne.
L'Origine de la guerre, ORLAN
Ce "tableau" est une retouche photographique. Orlan a complètement détourné le tableau de départ, et de manière très
fine; les tonalités sont les mêmes (j'ai dit les tonalités, pas la quantité de poils), les dimensions aussi. Le cadre baroque termine le pastiche. (le cadre du tableau de Courbet est quasiment
le même).
Voilà, je n'ai pas trouvé beaucoup plus d'infos sur le tableau, et je ne me hasarderai pas à une analyse. Mais j'aime beaucoup cette reprise !
(maintenant je surveille le nombre de visiteurs et de commentaires :p)
Publié dans : Culture Générale
6
Mercredi 27 mai 2009
3
27
/05
/2009
22:35
Eh oui, cher Visiteur, j'ai trouvé la BO de THE film de
l'année !
Je tiens à remercier ce blog grâce auquel j'ai pu réaliser cette playlist. Elle n'est pas tout à fait complète par contre; certains
titres n'étaient pas disponibles sur deezer - et il a buggé toute la soirée, de surcroît !
Au programme: du David Bowie, du Hendrix, du Cat Stevens, The Who, The Kinks et j'en passe !
Enjoooooy !!
*Nyd se dandine sur sa chaise de bureau depuis des heures*
Edit: la BO est désormais disponible en CD sous le titre anglais du film: "The Boat that rocked".
Mercredi 27 mai 2009
3
27
/05
/2009
15:00
La Nation
I. Définition
II. La nation comme entité culturelle et politique
III. La difficile conciliation entre patriotisme et cosmopolitisme
En rappel, être cosmopolite, c'est être citoyen du monde. On dit aussi être universaliste.
Peut-on être fier de son pays et être citoyen du monde
?
En théorie, oui. On peut préférer son pays et accepter la préférence des autres; nous sommes tous humains, zut ! Bien sûr,
l'ethnocentrisme peut mener à la xénophobie, m'enfin ce sont des exceptions.
Au XVIIIe siècle, les philosophes relèvent la difficulté de concilier universalisme et ethnocentrisme.
Pourtant, Frédéric II de Prusse parlait Français, tout comme Catherine II de Russie ! Les témoignages:
• Helvétius, auteur de De l'esprit: ce philosophe écrivait que l'universalisme est une "chimère platonicienne".
• Voltaire, qui se considérait comme très cosmopolite, mais était conscient de cette difficulté: "Il est triste que pour être bon patriote on soit
l'ennemi du reste des hommes."
• Montesquieu pensait la même chose que Voltaire.
• Pascal, dans ses Pensées, affirmait que s'il savait quelque chose utile à l'Europe ou à sa patrie mais mauvais pour le genre humain, il la
critiquerait ou l'abandonnerait.
• Rousseau estimait également la chose difficile. Dans L'Émile ou de l'éducation, il écrit qu'il faut choisir entre faire un homme ou faire un
citoyen. De sa naissance à ses 18 ans, (soit dans les quatre premiers tomes de son essai), on enseigne à Émile les valeurs de l'humanité. Ce n'est qu'après ses 18 ans, quand on le marie, qu'on lui
enseigne des valeurs citoyennes et à faire partie d'une communauté.
Quelques dates:
• La Révolution Française: elle était à
la fois française et universelle, puisque la révolution s'est diffusée partout en Europe. Pour la petite histoire, le baron allemand Anacharsis Cloots s'est présenté à la Convention comme
ambassadeur de l'humanité (rien que ça) et leur a conseillé de faire la guerre partout pour imposer leurs idées. C'est ce que Napoléon a fait, et ça a à peu près bien marché, non ? :p
• 1898: L'affaire Dreyfus: La Ligue des Droits de l'Homme apparaît pour défendre un "mauvais patriote" contre la Ligue de la Patrie Française (née
en 1899). Une problématique intéressante; valait-il mieux défendre l'homme (le genre humain, cosmopolitisme) ou l'armée (les piliers de la nation, patriotisme) ?
• 1914: Jean Jaurès, qui était dans "le camp de l'homme" (Ligue des Droits de l'Homme), va rencontrer pacifiquement les socialistes allemands pour
empêcher la guerre, au nom du cosmopolitisme. Un fanatique l'assassine le 31 juillet 1914 rue Montmartre, au café Croissant; l'autorité contre la guerre est éliminée, la première guerre mondiale
est déclarée trois jours plus tard au nom du patriotisme.
• Seconde Guerre mondiale: L'esprit de résistance est un excellent exemple; on a pu y observer une parfaite conciliation entre le patriotisme (volonté de
défendre le pays contre l'occupant) et le cosmopolitisme (défendre l'humanité contre l'horreur). Si vous connaissez Aragon et son Roman Inachevé (oui, c'est un recueil de poèmes), vous
aurez peut-être lu ses "Strophes pour se souvenir": "Je meurs sans haine en moi pour le peuple allemand." Il parle également des immigrés d'Europe de l'Est qui sont morts pour la France: "Ils
étaient vingt et trois quand les fusils fleurirent/ vingt et trois amoureux de vivre à en mourir/ vingt et trois qui criaient la France en s'abattant". (selon les dires
d'Aki)
• Mai 68: voir "Révolution Française" :p
En conclusion, souvenez-vous simplement de deux grandes figures du XXe siècle: Jean Jaurès, patriote et cosmopolite, et Charles Maurras, de la droite
nationale: "Je connais des Français, des Anglais, des Allemands; je ne connais pas d'hommes."
Publié dans : Culture Générale
2
Mardi 26 mai 2009
2
26
/05
/2009
15:00
La Nation
I. Définition
II. La nation comme entité culturelle et politique
Je ne peux pas trop détailler, ceci est un cours rattrapé...
Montesquieu a cherché à définir la nation comme une entité culturelle en parlant, dans l'Esprit des lois, de "l'esprit général d'une nation". Cet "esprit général"
serait le résultat de nombreux facteurs: les traditions, les moeurs, les conditions géographiques et climatiques, les formes de gouvernement... Compte tenu de la diversité de ces facteurs, il
devient impossible de comparer entre elles les nations-cultures et de les hiérarchiser. "Les divers caractères des nations sont mêlés de vertus et de vices." (L'Esprit des lois, XIX,
10)
Une nation, comme entité culturelle, peut aspirer à devenir une entité politique, un État. Cela arrive lorsque la consciente culturelle nationale atteint sa
maturité. Pour les détails, il faudrait que je vous explique la définition du sentiment national par Renan, mais j'étais absente au cours ¬¬" Bref. A contrario,
un État-nation peut permettre à des cultures différentes de s'exprimer: c'est le cas des États-nations pluri-culturels, comme la Belgique et la Suisse. Dans ce cas, c'est la nation comme entité
politique qui est privilégiée par rapport aux différences culturelles.
C'est le cas en France où la nation s'est affirmée comme entité politique:
1) à l'intérieur: la nation est l'espace politique où s'est trouvée légitimée la souveraineté du peuple par rapport aux pouvoir royal, au
pouvoir des autres ordres. On recourt au terme de "nation" pour combattre les privilèges sociaux (auxquels on oppose l'égalité des citoyens formant la nation). La nation s'oppose aussi aux
particularismes religieux, avec l'idée de laïcité. La nation s'oppose enfin aux particularismes régionaux, avec la fête nationale, par exemple.
2) à l'extérieur: La nation s'oppose aux autres pays. Le sentiment national se développe à la faveur des guerres de la Révolution. La
Marseillaise en devient l'emblème; c'est le chant de guerre pour l'armée du Rhin en 1792, composé par un officier de génie, Claude Joseph Rouget de Lisle en avril 1792. En 1795, il devient le chant
national. Interdit de 1715 à 1870, il de redevient en 1879. Aujourd'hui, le chant national est To Holmgard and beyond de Turisas.
Au prochain épisode: La difficile conciliation entre cosmopolitisme et patriotisme.
Publié dans : Culture Générale
3
Lundi 25 mai 2009
1
25
/05
/2009
18:39
Eh oui, encore un "nouveau" thème; pour être sincère, j'ai un contrôle de sciences politiques là-dessus vendredi prochain,
et le blog est encore mon meilleur outil de révisions.
La Nation
La nation est un concept que l'on a tendance à opposer à celui de mondialisation. La mondialisation pose pas mal de
problèmes, notamment un problème d'échelle: difficile de vivre et comprendre un univers sans frontières ! (même si pour vendre des produits, c'est super pratique) Aujourd'hui, le sentiment national
existe toujours, mais le citoyen est désemparé à l'échelle du monde; il perd toute possibilité d'action, et peut se sentir comme un pion perdu dans l'immensité du cosmos (c'est beau). Du coup, la
mondialisation peut provoquer une radicalisation des sentiments communautaires, comme le nationalisme, qui est une version négative et extrême du sentiment national.
I. Définition
N
ation vient du verbe "nascor" (latin, grec, j'en ai aucune idée !)
qui signifie "naître".
La définition commune, c'est qu'une nation est un ensemble d'individus nés dans un même lieu ou appartenant à une même lignée. Définition qui justifie les différents droits de naturalisation; le
droit du sol et le droit du sang. (programme de 3e, éducation civique)
Au XVIIe siècle, on considère que c'est une communauté d'origine, de langue et de culture similaires.
Pendant la révolution française, et en particulier avec Siéyès, la nation était moins identifiée à un territoire qu'au Tiers-État lui-même. Comme vous vous en doutez, ça a posé des tas de problèmes
au niveau de la représentation politique, puisqu'il considérait que 98% de la population était la nation, mais qu'elle ne représentait qu'un tiers des gens qui représentaient la France. (programme
de 2nde, histoire)
À ne pas confondre avec:
- L'État, qui est l'institution juridique qui gère la nation. On y trouve une dimension juridique voire même
économique (même si l'économie échappe de plus en plus à l'État avec la libéralisation).- Le pays: ce n'est qu'une notion géographique et culturelle; c'est un territoire.
- La patrie: c'est le pays de nos pères, étymologiquement - c'est pour ça qu'on dit mère patrie (ahem). C'est un intermédiaire entre la famille et le monde (en théorie).
- Le nationalisme (terme apparu au XIXe siècle), qui peut avoir une signification valorisante comme dévalorisante. Il y a le gentil patriote de l'affiche de propagande, et le sentiment
national qui pousse à haïr les autres. Aujourd'hui, on parle aussi de conservatisme et de radicalité politique.
La différence entre État et nation par Paxton
Robert Paxton est un grand historien américain, spécialiste de la deuxième guerre mondiale et de la France.
Pour lui, la différence entre État et nation s'incarne dans le conflit entre De Gaulle et Pétain. (programme de 1°, histoire)
- Pétain a trahi la nation, et avec elle ses valeurs. Il a remplacé notre superbe devise par "Travail, Famille, Patrie", a mis la république de côté, a collaboré avec l'ennemi... Mais c'était pour
sauver l'État et assurer sa continuité.
- De Gaulle, lui, a désobéi à l'État; il a fui à Londres en 1940. Mais, ce faisant, il a sauvé la nation en conservant sa dignité, voire l'État (qui pour lui n'avai rien à voir avec Vichy)
puisqu'il a alimenté sa reconstruction.
Au prochain épisode: La nation comme entité culturelle et politique.
Publié dans : Culture Générale
0
Jeudi 21 mai 2009
4
21
/05
/2009
11:42
Comme vous avez dû le remarquer, j'ai commencé un thème sur le droit. Vous allez avoir droit
à tout plein d'articles sur le sujet, parce que ça me permet de faire des résumés de bouquins, et par là de préparer des entretiens pour des facs de droit.
M'enfin bon, droit, droit et re-droit, ça devient vite gonflant. Je compte donc aborder d'autres thèmes en parallèle, donc celui-ci: autorité et pouvoir.
Qu'est-ce que l'autorité ?
1. Etymologie
L'autorité
provient du latin "augere" qui signifie augmenter, faire croître. Étymologiquement, l'autorité est donc une instance qui permet à une réalité de se développer; c'est le cadre qui permet de grandir,
de progresser. Pour Hannah Arendt, par exemple, l'éducation a besoin d'autorité pour faire la transition entre le monde de l'enfant et celui de l'adulte; c'est par l'autorité que la transmission de
valeurs se fait.
2. Hannah Arendt, "Qu'est-ce que l'autorité ?" (dans La Crise de la culture)
De manière générale, le commun des mortels a tendance à dire que l'autorité, c'est le pouvoir, et vice versa. Justement, pas
du tout !
L'autorité, c'est la faculté d'exercer une domination légitime. Elle est donc supposée reconnue.
Le pouvoir, c'est la faculté d'exercer une domination pour obtenir quelque chose. Il n'est pas affecté à la légitimité (le pouvoir de vie ou de mort n'est pas
légitime).
"Puisque l'autorité requiert toujours l'obéissance, on la prend souvent pour une forme de pouvoir ou de violence. Pourtant l'autorité exclut l'usage de moyens extérieurs de coercition; là où la
force est employée, l'autorité proprement dite a échoué. L'autorité, d'autre part, est incompatible avec la persuasion qui présuppose l'égalité et opère par un processus d'argumentation. [...] S'il
faut vraiment définir l'autorité, alors ce doit être en l'opposant à la fois à la contrainte par force et à la persuasion par arguments."
Voilà pour la différence entre autorité et pouvoir. L'autorité exclut tout usage de la force ou de moyens de persuasion ou d'argumentation, comme ce qu'on appelle "les arguments d'autorité".
Persuader quelqu'un que l'autorité est légitime par l'argumentation est donc contraire à l'autorité.
Au prochain épisode: Comment le pouvoir acquiert-il sa légitimité ?
Publié dans : Culture Générale
1