[ ACTE QUART ]
L'OMBRE
Y aurait t'il une fête?
Ici fortune je pourrais faire!
Ne faite pas cette tête
De petits choqués, oui j'en suis fière
Regardez j'ai le doigté,
Et aussi beaucoup d'agilité,
Laissez moi donc exercer mon métier.
NYD DRAKAN
Plusieurs notes envahissent l'air, jouées à la va-vite
Laissant le silence coi, apportant quelques airs
Imbibés d'une poésie amoureuse - notre favorite!
Nimbant d'un lent lamant la nocturne atmosphère...
Gémissements, les sons se transforment en pleurs,
Semblent flotter, comme des murmures de voleur...
Philosophie musicale, apportant, telle un glaive
Le meurtre des désillusions, une véritable trêve
Obsèques d'une réalité qu'on ne supporte plus
Nécromancienne, cette musique soulage - elle tue.
Kyste de songes, accroché à tous les coeurs fragiles,
Suçant leurs espoirs, feignant de n'offrir que l'exil...
Apôtre de ses croches, prêtresse d'Euterpe
Laissant glisser ses huit ongles - ses serpes!
A la clarté de la nuit, Nyd offre cette diserte.
Harpisteries tendres, douces mélodies
Amour né d'une fusion née entre l'instrument
Refrain de toujours, la joueuse est étourdie
Parfaite rêveuse, de sa harpe éprise - absolument!
Entre autres, l'amour et l'art étaient son parti pris.
NEREDRITH AELTHIIR
A ce son mélodieux
Une ombre leva les Yeux
Ses pupilles fendues la regardait et pensait
Oghma serait fier de son doigté
Nyd avait vraiment l'art de jouer
De l'ombre où elle était cachée
Elle ne pouvait plus bouger
La musicienne par sa mélodie l'avait ensorcelée
Elle ne pouvait plus des yeux la quitter
Horizon magique se dessine
Au son de la harpiste divine
Ribambelle de traits octarines
Paillettes luisantes de couleurs
Eclatantes de pureté et de douceur.
De tous les regards, un seul voyait
En Nyd la magie qu'elle dégageait
Neredrith en la regardant par l'âme souriait
Yeux fermés et consentrée
De cette mélodie elle se nourrissait.
NYD DRAKAN, après quatre pintes de divers breuvages:
Un instant a fallu pour que coulent
les litres
Nuées pestilentielles, grosse odeur d'alcool
Envahissent nos âmes, tuent nos libres-arbitres!
Larmes de sueur coulent le long des cols,
A moi! Serais saoule? Sûrement, ha ha!
Rimailles idiotes, quelques paroles étourdies
Murmurées, hurlées, chantées à tout va!
Eprise de ma chope, et par elle, abrutie!
Diantre! La bière est ma soeur, je m'en régale!
Elle et moi, nous sommes, je crois, à armes égales.
Merveilleuse boisson, j'en oublie mes querelles,
Oh, la vie ainsi changée, ce qu'elle est belle!
Ulysse et son vin passent pour piètres plaisirs
Soumis à ma Vodka, qui, elle, sait si bien occire
Sous ses viles effets, tous les délits et crimes de la vie!
Et l'illusion de la mort, Fi! Seule la réalité de l'immortalité!
Comme je tangue, la terre se meut sous mes pas!
Ou sont-ce mes chausses qui se dérobent sous moi?
Un pas de travers, et je tombe, oh, non pas en émoi;
La table, témoin de ma chute, se fend sous mon poids,
Et moi, trop étourdie pour avoir mal, crie: "Patatras!"
Derrière moi, on se gausse, dans mon dos, on se fend de rire,
Et je n'en ai cure, Bière a pris mes veines, m'a donné le sourire!
Ma mère est morte, fort heureusement, si elle m'avait vue ainsi!
A moitié morte, merveilleux état éthilique! Moi, dire des idioties?
Cristallin, mon rire, enfantines, mes drôles de sottises,
Hélée par la vésanie d'un soir, je suis son son emprise!
Oh ho! Buvez donc, très chers, goûtez-moi cette folie
Partons demain, plus tard, profitez de cette courte vie!
En trinquant avec moi, je vous offre la liberté, sapristi!
NEREDRITH AELTHIIR, saoule, suivant Nyd:
L'immuable bivouac révélait
Enorme trésor pour se saouler
Repus ici jamais on le sera
En chantant très fort on le louera
Glorifions le maître de fête Zerkhenounet
Ne vous raillez pas de moi
En chantant il vous remerciera
De l'alcool j'ai abusé
Et comme Nyd, je me vois tomber
Soudain se sentir rattrappée
Dans les bras d'un cher galant
Aegon mon cher amant
Gladiateur de mon coeur
Opportiniste de mon bonheur
Nuit sacrée de sa nomination
Soyez heureux buvons, trainquons
Accablant est ce liquide doré
Rêve et illusion tu nous donnes
Rien que de te boire nous assomme
Ivre je suis à ce moment donné
Voyez maintenant qu'elle pitié je fais
En fin d'ivresse pourquoi somme nous toujours déprimé?
Reprenant son sérieux:
Neredrith se joue de la fête
En elle la joie se reflète
Son aimé est avec elle
Zélateur de son coeur à elle
Héroïne à l'âme liée
A ce roi que l'on dit fou à lié
A ce roi qu'elle c'est mise à tant aimer
Regret elle n'en a point à son regard voyez
Muette et souriante, elle le regardait
Oeil brillant on la voyait
Neredrith de bonheur respirait
Allons mes amis buvez
Ivresse vous gagne regardez
Mon compagnon et moi nous vous quittons
Ensembles et pour toujours nous partons
NYD DRAKAN, prise par les viles effluves de l'alcool,
Après avoir déclamé quelques vésanies,
Tire ici, sans raison aucune, une étrange d'idiotie
Tout en pleurant, contre Nere', agripée à son col.
Mortels amours, passions envolées,
Omissions de tendresses, délits oubliés
Ils ont, il est vrai, des coeurs déchiré.
Je dois faire une annonce, chers gens
Avouer mon amour à un Prince absent
Il ne viendra sûrement pas - tant pis!
Mais l'alcool, déliquescent libérateur, m'a permis
Enfin! de le déclarer à cette assemblée - idiotie...
Annael, Prince Oublié, Prince de mon coeur!
N'a-t-il donc jamais pensé à moi - à mes ardeurs?
Nuits étoilées, Lunes voilées, elles furent mon tombeau
A jamais, je penserai à lui, à ses yeux beaux
Et attendrai, sans trop d'espoir, son possible retour
L'arrivée dont je rêve, quand, enfin, il verra mon amour...
NEREDRITH AELTHIIR
Observant la voute étoilée
Nimbée d'une lueur dorée
N'écoutant que la nature et le vent
Eveillant des souvenir d'antant
Nuée de pensées par les astres révélée
Par delà l'horizon le vent murmurait
Récits et conseils avisés
Infini sagesse par la terre révélée
Toute la nature se mettait à parler
Monde souffrant et déchiré
Oh! Que faire pour te sauver?
Ne pouvons nous t'aider?
Sinistre décor là est posé
Année futiles ce sont écoulées
Nimbées de sang et de pêchés
Grandissez vers la voie de la bonté
Pour sauver ce monde tant aimé
Où nos rêves ce sont fondés
Utopie révélatrices et surestimée
Rêvez l'espoir qui nous fait avancer
Regardant les nuages s'en aller
Evocation d'une pensée oubliée
Volant avec le vent
Elle rendra l'espoir lentement
Imbibée de merveilles
Liant les coeurs qui sommeillent
Luttant avec acharnement contre
Eventuels démons qu'elle affronte
Reagardant l'espoir vagabonder
Un sourire sur ses lèvres apparaissait
Nouveau monde naissait
De ses mains des symboles il traça
Incantation de protection il lança
Energie pure se propulsa
Un choc cela provoqua
Des oiseaux s'envolèrent
Effrayés par ce tremblement de terre
Mais au fond ils savaient
Ou alors le pressentaient
Nouveau foyer de paix ils avaient trouvés.