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À mon très cher Visiteur

Cher Visiteur,
Bienvenue à toi!
    Je suis heureuse que le fil de tes clics t'aie mené jusque dans ce domaine virtuel qu'est le mien. Tu y trouveras, avec un peu de chance, des tas de trucs intéressants. Promène-toi! Si tu as atterri ici, c'est que tu as du temps devant toi.
    Il ne me reste qu'à te souhaiter une agréable visite, cher Visiteur, et une exellente continuation dans ta vie - qu'elle soit riche de rebondissements divers!

Harpistiquement,
Nÿd Drakan.





 Le Blog :

What's Done: Je-euh... Ah mais je suis complètement d'accord ! ¬¬"
What's New: J'ai un MySpaaaaaace !!
What's Forthcoming (or not!):
Euh bin je vais essayer de mettre plein de trucs à jour histoire de vous laisser de la lecture pour les vacances. x)
 
 Moua :
Là, maintenant, tout de suite

Humeur: Glandons, Glanderie, Glandouille, Glandeusarde...
Bonne résolution: "Elle indique le niveau de qualité de l'image: Plus elle est élevée, meilleure est la qualité. Elle s'exprime en ppp ou dpi." < Et toc !
Musique(s): Les groupes de Solidaaaaays !
  En lecture: L'illusioniste, de Christopher Fowler (offert par Shuräan ! <3)
Mots: "Ouaaaaaais, biiiiiis" *s'explose la voix alors que le concert a tout juste démarré*
Citation: "Le monde est Stoooone" - Fabienne Thibeault



 Liens Souvent Edités

Le Monde à mes Pieds Publicités Téléphoniques   Recettes Dans mon Entourage
Samedi 21 avril 2007


Une polka sans titre, Traditionnelle Irlandaise, je crois. J'ai déniché la partition en parcourant mon lutin de partition au hasard, et je l'ai réapprise. J'ai bien fait, à mon avis!

Compositeur: Inconnu (je suis pas sûre que ça soit du trad... :s)
Arrangement: Cécile Corbel
par Nyd Drakan publié dans : Musique
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Samedi 21 avril 2007
Je l'aime beaucoup, cette nouvelle. Elle vient d'un défi avec mon ami Adrien, nous nous sommes lancés avant les vacances un défi d'écriture sur le thème de l'illusion. Je suis assez contente du résultat, à vrai dire!

    On m'avait promis un voyage extraordinaire, lorsque je les avais achetées. Sans aucun doute, m'avait assuré un ami, elles seraient pour moi un bien meilleur remède. Et puis, mon fournisseur était un homme adorable: subtil, fine mouche, il avait le regard intelligent et le sourire juste assez manipulateur pour qu'on aie confiance en lui. Je rentrai chez moi, une lueur d'excitation dans les yeux, et, me posai dans mon fauteuil de velours noir, usé par la poussière, ponctuant le geste d'un soupir las mais heureux. Je sortis donc mon tout dernier achat de ma poche, en nettoyai soigneusement l'extrémité d'un coton désinfecté, et plongeai dans ma chair palpitante l'aiguille rafraîchie d'antiseptiques.
    Un instant, je contemplais mon salon en désordre, comme si c'était la dernière fois que mon regard terni d'ennui pouvait l'apercevoir. De mystérieux sentiments s'insinuaient dans mon esprit, comme si les objets... vivaient... Des vêtements traînaient jusque dans les moindres recoins, se prélassant paresseusement sur le faux parquet clair constellé de tâches d'encre, sombres étoiles, ciel luisant; mes meubles de mauvaise qualité, recouverts d'une pellicule de saleté, semblaient pris d'une lourdeur hautaine. Ô, énigmatique émoi! Et cette vieille horloge en acajou, battant le temps d'une une régularité inouïe qui me dépassait, elle et ce pouvoir de contrôler le temps, ne lui permettant d'écouler ses secondes que quand son balancier daignait atteindre une extrémité ou l'autre de son court parcours. Seules ces petites machines avaient le droit de posséder ce genre de privilèges: pour cela, je méprisais cette horloge.
    Je poussais encore, un peu plus le piston d'un geste tranquille et sentais un liquide tiède se propager dans mon sang à grande vitesse. Je n'eus même pas le temps de desserrer la lanière de cuir qui serrait mon bras. Une inspiration, et déjà je basculais dans un autre monde. Un monde de rêves.

    Des larmes de soulagement mouillèrent ma vue; au fur et à mesure que le fluide parcourait mes veines, l'étreinte de la réalité, trop présente, trop cruelle, cessait d'étouffer mon âme, et je respirais enfin un air de liberté. Ô, sublime sensation! Aucun remords, pour avoir vidé mon compte bancaire afin de te connaître enfin. J'obtenais mille délices grâce à toi. En l'espace de quelques secondes, mon salon n'était plus. Un vide parfait prit place, et, finalement, je fus seule, complètement seule dans un monde en lequel je n 'avais plus confiance. Redevenue fœtus, protégée de la réalité, comme enfouie de nouveau dans la déliquescente chaleur maternelle, à l'abri des autres et de leurs viles influences, hors de porté des manigances poisseuses que l'on menait dans mon dos depuis trop longtemps; ainsi isolée, rien n'avait plus d'importance. Je laissais la drogue m'offrir cette protection que j'avais toujours désiré retrouver.
    Puis je crus apercevoir de minces flammèches qui s'élevaient dans l'atmosphère nocturne; multicolores, elles ondulaient dans le vide, sans support aucun, tournoyaient autour de moi comme des poissons tropicaux piqués de curiosité. Leurs teintes chatoyantes, leurs formes étranges, leurs mouvements subtils, souples, sensuels même, hypnotisaient mon regard. Ces courbes ondulantes apparaissent, se mouvaient dans l'air, puis, comme perdant leur souffle bref, s'estompaient dans l'obscurité aussi vite qu'elles étaient apparues.Ô, obscures lueurs d'espoir; vous éclairiez le sombre, assombrissiez le lumineux. Elles étaient le Mystère lui-même, lui et ses effluves aux exhalaisons d'incertitudes et de convictions, ces courbes aux gestuelles aliénées... Fascinée, je me m'octroyais alors la liberté de rêver, et, à cet instant, ne ressentais qu'apaisement.
    Bientôt, elles disparurent toutes, comme elles étaient venues, s'effaçant dans le noir, comme effrayées de quelque cauchemar étrange. Moi, revenant à la réalité, suffocant dans  l'air, épaissi par le malheur, munie du peu de conscience qui me restait, j'empoignais maladroitement une autre seringue, et un liquide neuf envahit mes veines.
    La chaleur rassurante revint, mon souffle retrouva son rythme détendu. Je pouvais enfin nier ma fragile nature, et me sentir puissante, maîtresse de mon destin, grâce à cette nouvelle force qui nourrissait mon sang. Cette vague de bien-être entraîna une extase, une confiance en moi-même toutes nouvelles. Je voulais hurler au monde à quel point il était insalubre, ce monde de préjudices, ce monde de favoritisme, ce monde raciste, ce monde riche, pauvre, ce monde divisé et injuste! Monde malsain! Je voulais pourtant vivre, exister et me battre pour mes idéaux; enfin je me sentais être, mon corps avait de la consistance, mon avis avait un poids. Je pouvais désormais aller en avant, poser un pied devant l'autre, montrer que j'étais bien là, pour le meilleur et non plus pour le pire, assumer mes valeurs, si pertinentes qu'elles passaient pour surannées. J'étais capable laisser l'empreinte de mes convictions dans la société. Ô, puissante vésanie! je possédais ton pouvoir.

    Le temps passait trop rapidement, incontrôlable, fugace et fuyant. Je crus apercevoir cinq, six seringues vides sur mes genoux tremblants. Je me sentais plonger dans le néant; quelque chose de véritablement profond, qui renfermait, loin sous ce sentiment de plongeon, de la terreur. Une frayeur intense; celle qui s'insinue dans les artères scandées par un coeur affolé, aux allures de phobie violente, soudaine, et qui n'apparaît que lorsque l'on prend conscience d'une réalité fatale, mortelle. Un râle imperceptible, gémissement d' affable agonie qui n'en finissait pas d'envahir ma chair s'échappa de ma gorge gonflée par une lente asphyxie. Le noir envahit ma vue, mon ouïe, seul un lointain goût de cendre persistait encore à coller à mes papilles. Je crus sombrer dans un océan âcre et visqueux, qui me privait de tous mes sens. J'avais peur, vraiment. La seule angoisse que l'humain peut véritablement ressentir, la seule qui n'est pas aussi superficielle que les autres...
    Ô, merveilleuses illusions; pouvais-je me douter qu'au delà de vos bienfaits, vous n'étiez qu'un prédateur raffiné?
    ... la peur de mourir, je crois.


par Nyd Drakan publié dans : Nouvelles courtes
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Samedi 21 avril 2007
Un truc écrit pendant les vacances, ça ressemble au film "Retour à Cold Moutain" (pour ceux qui connaissent pas, je conseille vivement!) dans le concept, mais bon, c'est la première fois que j'essaie un genre épistolaire, je referais sûrement des essais, ça me déplaît pas trop.

       
" Je repense à toi, soldat.
    Un nom, un souffle, le vent d'une rêverie oubliée, et mon coeur bat plus fort contre mes côtes, l'air se fait rare dans mes poumons. Il suffit qu'une pensée prenne d'assaut mon âme à l'agonie, un vague songe sans importance, qui soit lié à ta personne, pour que ta voix doucereuse envahisse de nouveau mon esprit. Je souffre de ton absence, soldat. Ne m'avais-tu pas promis, juré, ne m'avais-tu pas donné ta parole, que peu de temps après ton départ, je pourrais lire des mots de toi?  Tu me laisse sans nouvelle, et ton souvenir me torture corps et âme. Ecris, si tu le peux, dépose une pierre dans une enveloppe, un brin de ta chevelure, et tel un feu meurtri par le vent d'hiver soudain revigoré grâce à d'agréables souffles chaud, tu rendras à l'espoir lui-même une lueur nouvelle. Je t'en prie, dis-moi que la vie et toi ne faites toujours qu'un.
    Tu m'as laissé un médaillon de cuivre, lorsque tu es parti, que ton père avait forgé, et dans lequel siège ton portrait. Une photographie teintée de gris, de noir, de blanc, sur laquelle je peux voir ton visage serein. Tu arbores un sourire discret qui te vas plutôt bien. Quand je l'ouvre pour te contempler, je peux encore humer quelques effluves nébuleux des senteurs qui furent ton parfum. Il ravissent mes poumons, et pourtant sont une torture intolérable. Il me suffisait jadis de m'approcher de ta nuque, murmurer quelque secret à ton oreille pour que me parviennent ton odeur sauvage et envoûtante.
    Chacun de mes mouvements porte ta mémoire, dans leur inconsciente gestuelle. En guise d'exemple; lorsque je pose sur mes épaules ton grand manteau noir, qui fut remplacé par cette horrible veste bleue de l'uniforme soldatesque que tu arborais sans fierté, je pense à toi. Il préserve entre ses coutures vieillies la chaleur de mon corps, quand il m'arrive encore de marcher sous la neige. La pluie glisse sur son cuir sans oser souiller mes chemises, cette pluie, qui en frappant contre  lui, fait couler le long de mes jours d'amères larmes diluées par l'intempérie. Ou bien lorsque je relis tes poèmes, notés en hâte à la plume sur des parchemins blancs, ces mots que tu avais su dompter pour moi, que tu glissais sous ma porte, aux heures les plus obscures des nuits d'été, dans un silence parfait qui jamais ne perturba mon sommeil pourtant léger. Je les conserve dans une boîte d'aluminium, et souvent passe des journées entières à les relire, à savourer chaque courbe de chaque lettre, que tu traçais si bien, avec une volupté et une souplesse de plume sans égales. Et puis, dernière relique du passé, j'ai gardé cette boîte à musique dont tu ne te séparais pas, que je t'avais presque dérobée, à la dernière minute, pour que, si j'oubliais la mélodie de ta voix, je puisse détenir encore quelques harmonies qui me feraient penser à toi. Comme pour me contredire absolument, ma mémoire a fait que restent gravés dans ma conscience chacune des syllabes que tu as prononcées.
    Quand rentreras-tu? Je me meurs de langueur , et subis l'accablement comme une plaie qui ne cicatrise pas. En ton nom, je dissimule au fond de mon coeur une dernière lueur d'espoir, de rêve, et m'accroche à ces empreintes que tu as laissées sur mon âme avant de disparaître. Je t'attends, je souffre. Je dépéris. Pourtant je vis, et continue de contempler comme chaque soir les constellations qui éclairent le monde, dont tu me parlais comme un philosophe, comme si tu étais leur fils... Penses-tu encore seulement à elles?
        Reviens, soldat..."
par Nyd Drakan publié dans : Nouvelles courtes
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Samedi 7 avril 2007
J'éprouvais cette impression de déjà-vu...il y avait là quelque chose que j'avais connu toute ma vie, sans le savoir...
 Ralph Vaughan Williams, à propos du jour où lui furent révélés le folklore britannique et la musique floklorique.
par Nyd Drakan publié dans : Citations
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Samedi 7 avril 2007
La terre en apprend plus long sur nous que tous les livres. Parce qu'elle nous résiste. L'homme se découvre quand il se mesure avec l'obstacle. Mais, pour l'atteindre, il lui faut un outil. Le paysan, dans son labour, arrache peu à peu quelques secrets à la nature, et la vérité qu'il dégage est universelle. [...]
    J'ai toujours, devant les yeux, l'image de ma première nuit de vol en Argentine, une nuit sombre où scintillaient seules, commes des étoiles, les rares lumières éparses dans la plaine.
    Chacune signalait, dans cet océan de ténèbres, le miracle d'une conscience. Dans ce foyer, on lisait, on réfléchiissait, on poursuivait des confidences. Dans cet autres, peut-être, on cherchait à sonder l'espace, on s'usait en calculs sur la nébuleuse d'Andromède. Là on aimait.
Terres des Homes, Antoine de Saint-Exupéry
par Nyd Drakan publié dans : Citations
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Samedi 7 avril 2007
 A Tous ces Mots qui font nos vies, Tourmentent nos esprits, de leurs révélations incongrues,
De leurs Vérités qui blessent, de leurs poésie enchanteresse
 A Tous ces Mots, que je voudrais citer
 Parce que quelque part, au fond de nous-même, ils sont notre conscience...

Citer est l'une de mes activités favorites, je leur dédie donc une catégorie pour elles toutes seules
par Nyd Drakan publié dans : Citations
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Vendredi 6 avril 2007


Mon premier morceau écossais, yeah!
Désolée de la méprise, par contre ! Il n'est pas du tout Trad...

Compositeur: Catriona Mackay
Arrangement: Cécile Corbel
par Nyd Drakan publié dans : Musique
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Vendredi 6 avril 2007


Une valse irlandaise pas traditionnelle. J'adore ce morceau, il me rappelle de bons souvenirs, il est pas très technique, mais bon, l'est bôw quand même!  Na :p
par Nyd Drakan publié dans : Musique
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Jeudi 5 avril 2007
    Une nouvelle que j'avais commencé il y a longtemps... J'ai un énorme trou au niveau du scénario, plus d'idées, plus rien!
Elle est assez vieille, maintenant, et quand je la relis, je la trouve franchement surchargée.. Mais bon! ^^'''

    Une silhouette était assise sur le bord de la falaise, contemplant toute la beauté de la mer, et ses reflets dorés qui illuminaient la côte des dernières lumières que projetait sur le monde le soleil couchant avant de disparaître derrière l'horizon. Elle regardait les flots agités se jeter férocement sur les écueils, et, dans un assourdissant fracas, soulever des gerbes d' écume qui jaillissaient à plusieurs mètres de hauteur. Sur la plaine qui surplombait l'océan, les herbes sèches se balançaient doucement, comme sa chevelure teintée des dernières couleurs de l'astre diurne. A quelques centaines de mètres de cette ombre vacillait un bûcher qui flamboyait dans les ténèbres nocturnes, projetant sur les herbes jaunies par l'été des teintes rousses aux couleurs de sang, celui-là même qui s'échappe fraîchement de la chair lacérée pour s'enfuir à travers les pierres durcies par la fournaise estivale. Et ce foyer embrasé brûlait le corps froid d'un roi, guerrier admirable qui jadis défendit son peuple avec la hargne des plus honorables, et qui protégea d'une volonté formidable, jusqu'à son dernier souffle, l'élue de son coeur.
   
    La bataille qui avait fait rage quelques heures plus tôt, nourrissant la terre sèche d'une pluie sanguinolente à l'odeur de putréfaction, avait porté sur les collines le soupir de la Mort, et elle avait serré contre elle, dans une dernière étreinte, le plus grand guerrier de ces contrées qui s'était perdu dans son manteau de ténèbres. Ce voleur qui avait dérobé son coeur et ses baisers à cette ombre en détresse était mort avec honneur, et avait offert sa vie pour que continue celle de son aimée, qui n'était désormais plus qu'une silhouette perdue dans l'obscurité de la nuit, égarée dans la sombre immensité de l'univers, et qui pleurait en silence.

    Elle demeurait immobile, face à la mer déchaînée, l'esprit torturé par trop de souvenirs, jours de batailles, de sang, de mort, et de derniers baisers, plongée dans des pensées qu'elles ruminait inlassablement, s'enfonçant toujours un peu plus dans un deuil trop douloureux, souffrant déjà de l'absence de tout cet amour dont elle avait tant besoin. Le vent vint brûler ses joues, déjà rougies par le froid nocturne. Puis le soleil revint, de l'autre côté des contrées, juste derrière les collines serrées les unes contre les autres à perte de vue. Alors Nyd se leva, affrontant toujours l'océan du regard, et hurla toute sa douleur à l'étendue bleutée, criant tout son malheur, et ce refus de plonger son coeur dans la noirceur d'un deuil insupportable.

    Son corps, que trop de malheur ne pouvait plus soutenir, se laissa basculer dans le vide, prêt à se fracasser contre les rochers en contrebas. De justesse, une main robuste rattrapa la sienne. L'homme la hissa sur le rebord de la falaise et l'étreignit d'une force réconfortante. Soulagé d'être arrivé à temps, il remercia son instinct de lui avoir soufflé l'idée qu'elle tenterait de venir à la rencontre de la mort, plutôt que de la laisser venir.
    "Viens, rentrons. Tu dois te reposer...
    - Non.
    - Tu vas dormir un peu, et manger.
    - Parce que toi, tu as dormi cette nuit? Et aujourd'hui? Par le sang de la mort, sois réaliste! Comment veux-tu que je..."
    Il resta interdit, exaspéré par cet entêtement farouche de celle qu'il avait trop peu appelée "belle-soeur". Il la prit fermement par le bras et l'entraîna sur le chemin escarpé qui menait au village, atterré par le reflet vide qui flottait dans ses yeux, autrefois regard perçant et profond.

     Ils pénétrèrent dans le village silencieux, traversant une vaste place au milieu de laquelle gisaient quelques branches calcinées, et entrèrent dans la plus grande des habitations. Une lumière chaude et accueillante éclaira leurs visages, celle d'un feu qui mâchonnait quelques bûches au centre de la pièce. Une dizaine de personnes étaient assises autour de celui-ci, et dévoraient de leurs yeux brillants le visage torturé de tristesse de la jeune femme. A la lumière du feu, on pouvait distinguer ses traits creusés par les larmes qui avaient coulé toute la nuit, laissant derrière elles d'épaisses traces salées sur son visage pâli par la fatigue, entouré de sa lourde chevelure boueuse et emmêlée, et de lourdes cernes soulignaient ses beaux yeux d'émeraude. Ils s'installèrent l'un contre l'autre, tournés vers la chaleur du feu, observant à leur tour les gens les plus importants du village. Tout comme celui de Nyd, leurs regards n'étaient plus les mêmes, et leurs allures altières et fières d'autrefois étaient celles de celui qui se replie sur lui-même pour mieux s'enfermer dans son silence malheureux.
par Nyd Drakan publié dans : Nouvelles courtes
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Mardi 3 avril 2007
    On frappa. La grande porte s'ouvrit dans un sinistre grincement: l'averse qui s'abattait dans la nuit s'infiltra dans la chaleur de la pièce, tandis qu'une chaude lueur s'en échappait pour éclairer les ténèbres. Dans cette agréable clarté se découpa la silhouette d'un domestique. D'un signe, il invita à entrer l'homme qui venait de frapper, une personne assez grande enveloppée dans une longue veste  noire trempée de pluie, qui disparut dans la confortable lueur de la pièce sans se faire prier, suivi du valet.

    "Une visite, mademoiselle. L'Amiral Yrkhan.
- ... Fais-le entrer. Et prépare du thé, s'il te plaît."

    L'amiral entra dans le vaste salon, qu'il avait reconnu, et admira la grandeur de la pièce. Il promena son regard jusqu'aux moindres recoins; ils exhalaient des effluves de trésors venus de loin, une lointaine odeur d'encens, peut-être même le parfum du mystère lui-même. Dans la bibliothèque située à l'opposé, des objets venus des quatre coins du monde étaient soigneusement disposés, alignés les uns contre les autres. Puis il contempla l'immense cheminée dans laquelle un feu accueillant mâchonnait une bûche desséchée par le froid. Devant celle-ci était une table basse, couleur rouge sombre, sculptée avec tant de finesse qu'elle semblait onduler sur le sol, et face à laquelle se dressaient deux sièges, d'une teinte semblable qui rougeoyait à la lumière du petit brasier, agitée de reflets qui glissaient le long des tissus.
   
    La maîtresse des lieux se mit lentement en mouvement; sa silhouette élancée se leva calmement de son fauteuil puis s'approcha de son visiteur. A mesure qu'elle s'avançait, Yrkhan pouvait distinguer un peu plus ses traits. Elle n'avait pas changé, cette femme dont le teint irrégulier avait subi la brûlure du soleil et des embruns iodés de l'océan; elle avait de superbes yeux gris, doux et pénétrants, des lèvres envoûtantes de finesse, et un nez retroussé. Sa chevelure bouclée tombait dans une cascade rousse sur ses épaules, cachées avec délicatesse par une ample chemise blanche dont les manches retroussées dévoilaient des avant-bras à la musculature trop masculine, zébrés de cicatrices difformes. Elle portait un pantalon de toile sombre et une paire de bottes en vieux cuir qui semblaient avoir essuyé toutes les tempêtes du monde. Elle se tenait droite, la poitrine légèrement tenue en avant, la courbe du dos parfaitement dessinée lui donnant une allure altière qui inspirait noblesse et aventure. L'amiral, subjugué par sa beauté sauvage, son parfum sensuel de jasmin de Bengalore et de cèdre, ne put prononcer un mot. Durant quelques instants, seuls les crépitements du feu de cheminée résonnèrent dans le silence, avant qu'elle ne sourisse et commence d'une voix grave et claire:
    " Prends donc place dans un fauteuil. Et donne-moi ton manteau, il séchera vite auprès du feu."
Elle marqua une pause pendant qu'il se mettait à son aise, avant de reprendre:
    " Comment te porte-tu depuis la victoire de la Guerre d'Argent?
- Eh bien... Il faut dire que gérer les nouvelles terres m'a beaucoup occupé, et j'ai eu peu de temps pour moi, et..."
    Il se tut lorsque le domestique entra dans la pièce, un plateau argenté en main, qu'il déposa sur la petite table. Deux tasses y étaient disposées, emplies d'un liquide fumant et noirâtre. Elle ne prêta pas attention à l'intrusion et imposa au général un regard ferme et pénétrant. Elle lui lança calmement, d'une voix glaciale:
    "Pourquoi es-tu venu?"
    Il toussa imperceptiblement, et ses yeux fuirent les siens pour se plonger dans le réconfort du feu rougeoyant. Il lui répondit d'une voix qui se voulait aussi ferme que la sienne, mais mal assurée:
    "Tu le sais aussi bien que moi, Dynn.
- Ne m'appelles plus ainsi.
- Soit. Mais je maintiens que tu sais parfaitement la raison de ma...
- Je suis certes isolée de votre monde hostile et dégénéré, enfermée comme je le suis dans cette maison, mais je m'informe de ce qui s'y passe. Je veux simplement l'entendre de ta bouche... Amiral."

                    *****

    "Tu te rends compte, Némo? Il est venu! Lui...
- Yrkhan?
- Oui!
- Eh bien... Depuis combien de temps ne vous étiez-vous pas vus?
- Ça va faire presque dix ans.
- Oh.
- Bref. Je suis cordialement invitée au banquet donné par Sa Majesté. Il veut célébrer le départ prochain de trois caravelles vers le Nouvel Orient! S'il croit me flatter avec ses invitations stupides, c'est un imbécile. Et avec ça, il y aura tous les Généraux et des amis haut placés... Stupide.
- Mais alors, vous avez accepté sa proposition?
- Non, justement. Ce banquet est un moyen de mettre une pression sur moi.
- Mais Mademoiselle est en très mauvaise passe!
- N'allons pas jusque là, mon ami. Je vais jouer un peu avec lui, puisqu'il sait pertinemment que sans moi sa petite expédition n'est plus rien. Il va donc accepter gentiment les conditions que je vais lui imposer, réparer mon bateau, et s'il le faut, je le mènerais à la baguette.
- Un jeu dangereux que vous jouez là, mademoiselle.
- Il vient de se mettre le doigt dans l'oeil en croyant me maîtriser ainsi!
- Mais... c'est l'Empereur. Il décide de l'avenir et du bon-vouloir de n'importe lequel de ses sujets.
- Par l'écume de l'Océan! Je vais lui montrer que le sang des Drakan ne s'est pas dilué avec l'eau de mer, tiens, et que, même si c'est le cas, c'était un jour de tempête! Il va me le payer!"

                                *****

    A son arrivée, Dynn fut dignement reçue; l'Empereur lui-même, sa femme et le général s'étaient déplacés jusqu'au seuil de l'imposant château pour l'accueillir. Le monarque était vêtu d'un superbe pantalon blanc cousu de fils d'argent, festonnée de lignes noires qui, tout en finesse, s'entremêlaient avec délicatesse. Ses longs cheveux noirs étaient soigneusement peignés, graissés et attachés bas sur sa nuque. De fines mèches ondulées zébraient son visage pâle à qui ses yeux, aussi sombres que sa chevelure, donnaient un air mélancolique.
    Son épouse, serrée contre lui, portait une robe somptueuse aux teintes bleues et rose pâle, qui mettaient parfaitement en valeur la clarté de sa peau, son regard bleu et ses boucles blondes, qui pour l'occasion avaient été coiffées avec complexité. Dynn appréciait peu le corset trop serré qu'elle portait, qui lui donnait une fausse maigreur qui lui parut de mauvais goût, alors que sa poitrine était gonflée en avant avec exagération, comme seules savent le faire les femmes de la haute société, trop soucieuses de leur image, et trop respectueuses d'un style qui lui semblait pourtant dépassé.
    Yrkhan, quant à lui, portait avec modestie son beau costume d'Amiral, sombre, mais riche de motifs. Il avait été recousu plusieurs fois d'entailles, maintes fois lavé de taches de sang, mais gardait une certaine dignité complétant son rang, toujours porté avec fierté. Ses yeux verts brillaient, et sa chevelure, véritable tignasse roux sombre veinée de mèches couleur cendre - la vieillesse le rattrapait déjà - était tressée avec négligence. Il ne quittait pas Dynn du regard.
    Elle leur adressa un sourire poli, mais fallacieux, et gravit les marches de l'immense escalier, maugréant entre ses dents toutes les insultes qui lui venaient à l'esprit à l'adresse de sa propre robe, qui n'était à ses yeux qu'un symbole d'infériorité par rapport aux hommes; ils étaient libres du moindre de leurs mouvements, sans être étouffés par l'étreinte abominable d' un bustier trop serré, ni gênés par la myriade de plis des jupons qui venaient s'entremêler dans les jambes maladroites et déséquilibrées. Pourtant, tous le pensèrent à cet instant, elle était merveilleuse, ainsi vêtue. Ses voiles n'étaient que des reflets verts et bleus, superposés dans une superbe complexité, mis en valeur par un corset délicat qui dévoilaient sa silhouette longiligne et musclée. Enveloppée dans pareil chef-d'oeuvre, l'océan, dans toute sa sauvage splendeur, semblait tournoyer autour d'elle.

                        *****

"Vous n'étiez pas obligée de préciser devant toute l'assemblée que vous n'aviez pas encore accepté ma proposition. Si vous aviez été une autre, je vous aurais mise à mort pour cela.
- Vous ne le pensez pas.
- Plus que vous ne le pensez.
- Fort bien. Et, ma mise à mort exceptée, comment comptez-vous me faire participer à votre petite expédition?
- Mais vous y participerez, que vous le vouliez ou non.
- Justement, nos avis diffèrent sur ce point. Ce point seul, bien entendu. Toujours est-il que si vous voulez me voir partir avec d'autres vaisseaux, ce sera avec le double de la somme que vous me proposez en poche, et à bord du Leannán.
- Votre bateau? Mais comment voulez-vous qu'il flotte, dans son état.
- S'il est dans ce si piteux état, c'est parce que vous m'avez envoyée le faire trouer aux Indes, histoire de faire gagner du terrain à votre empire, et en attendant, je n 'ai pas les moyens de le faire réparer.
- Donc, vous irez à bord d'un autre, puisque celui-ci est bon à brûler.
- Et je compte bien, en dédommagement de cette insulte que vous faites à mon navire, d'abord en l'envoyant devant les canons, ensuite en le traitant de bois à brûler, des réparations, et de belles réparations, qui lui rendront toute sa splendeur.
- Il en est hors de question.
- Fort bien, mais réfléchissez-y à deux fois. Sans mon Leannán, je ne vais nulle part, du moins je rentre chez moi, et j'y reste. Je vous demande simplement un peu plus de générosité financière et de ma gratitude envers le plus beau bateau du monde...
- Ah, chère Dynn, parfois je regrette que vous ne soyez pas ma femme. Si Doeïs avait un tel caractère...
- Lui auriez-vous réparé son bateau, sil elle avait eu mon caractère?
- Qu'est-ce qui vous intéresse le plus, au fond? L'argent, ou votre bateau?
- Mon bateau, que croyez-vous. C'était celui de mon père, et l'écume a tellement léché sa coque que le bois est imprégné de sel. Le sang des hommes a tant imbibé le bois qu'il est comme animé d'une vie propre. Ce navire a une âme. Non seulement celle de l'océan, mais aussi la mienne. Vous détruisez un mythe en le brûlant. C'est le vaisseau le plus rapide qu'on ait jamais construit, il regroupe les meilleures technologies qu'on ait rapporté des contrées lointaines!
- Parfait. Si je répare le Leannán, vous n'aurez pas la prime que vous me demandez en plus.
- Soit.
- Eh bien, nous sommes d'accord.
- Absolument. Maintenant, si vous permettez, je vais rentrer chez moi.
- Bien sûr.
- Au revoir.
Avant que Dynn ne sorte de la pièce sombre et confinée, l'Empereur lui lança:
- Oh, et avant que j'oublie de vous prévenir, le Leannán vous attend au port de Linfeynn, il est à l'eau, et votre équipage vous y attend."
Elle sourit et partit en silence.


                        *****

    Dynn marchait d'un pas rapide le long du quai noyé de brouillard épais; on pouvait distinguer à travers la brume les silhouettes floues des bateaux amarrés: la plupart n'étaient que de modestes barques de pêche au mât unique qui se balançaient d'un côté et d'un autre, mais entre eux se tenait, aussi majestueux que l'Océan lui-même, le Leannán. C'était une superbe frégate, dont les haubans avaient été dépliés et solidement noués aux jottereaux; leur tension, encore faible, leur laissait la liberté de frapper contre les meistres dans un son mat et métallique. Les planches de la coque espalmée, encore sèches d'un hivernage prolongé, craquaient bruyamment, comme de brusques lamentations au contact de l'eau salée. Ainsi le Leannán, à l'eau depuis peu, revenait à la vie: il chantait, se mouvait tranquillement, et Dynn n'en ressentait qu'un intense bonheur. Alors qu'elle continuait d'admirer son vaisseau, une ombre massive s'approcha d'elle. Sa démarche était lourde et rapide, et le temps que le capitaine se retourne, elle l'avait percutée de plein fouet et la serrait dans ses bras. "Oh, toi!! " : la jeune femme n'avait eut le temps d'en dire plus, étouffée par l'étreinte du grand homme. Il mesurait une bonne tête de plus qu'elle, si ce n'était plus; sa carrure était le double de la sienne, et on distinguait à travers son épais manteau d'imposants muscles. Sa tignasse, plutôt longue, du moins par endroits - l'irrégularité de la longueur de ses cheveux donnait à la masse un effet encore plus désordonné -, couvrait une bonne partie de sa nuque et de son front. On apercevait toutefois, à travers les mèches poussiéreuses, deux perles brillantes, d'un noir profond; ses yeux, à la fois intelligents et affectueux, avaient posé leur regard sur Dynn, tandis qu'un sourire apparaissait sur ses lèvres sèches.

par Nyd Drakan publié dans : Les Larmes d'Écume
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