Jeudi 29 janvier 2009
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17:40
Ouais, j'ai pas posté depuis hyper longtemps, je saaaais... Mais c'est pour la simple et bonne raison que tout mon temps
est pris par le combat contre un poids énorme, une menace terrible qui tente de s'abattre sur mon avenir, un monstre à mille yeux, j'ai nommé...
*les violons crescendent*
Mon TPE !!
*tonerre au dehors*
*hurlement de femme suraigu*
Pour les curieux, mon sujet c'est le surréalisme et sa relation à l'idéal de liberté. Autrement dit: "Le Surréalisme: une démarche de libération, une attitude libertaire, ou un appel à la liberté
?"
C'est trash, je sais.
Mais quitte à poster un truc sur mon blog sans trop quitter mon boulot, je me suis dit que je pouvais vous mettre un morceau dudit TPE. Évidemment, j'ai choisi une analyse d'un tableau de Max
Ernst qui s'inscrit dans mon paragraphe sur la libération sexuelle (que voulez-vous, l'audimat de nos jours...). Et évidemment (bis), les surréalistes ayant refusé toute analyse de leurs oeuvres,
et la pauvre Nyd chargée de combler son TPE, elle est bien sûr tombée dans la suranalyse, et je me suis dit que ça vous ferai bien rire. Ce que je vais vous mettre est inspiré de l'analyse que
j'ai écrite, mais j'en ai franchement rajouté, histoire que ça fasse aussi office de satire analytique. Bref, surtout prenez ça au douzième degré !
J'ai donc nommé: L'habillement de la mariée, de Max Ernst, huile sur toile (je crois) de 1939. Désolée de la petitesse de l'image, j'ai pas trouvé mieux :/
Les personnages sont ici au nombre de quatre : trois sont plus ou moins
féminins, et le dernier semble plutôt masculin. La femme du premier plan, nue sous un tissu qui ressemble à une tenture vers le bas, et prend peu à peu la texture d’un plumage en remontant vers
le haut. Le corps se termine en tête d’oiseau. Celle qui se trouve à son côté, à la peau d’un rose innaturel, a une chevelure qui rappelle un éventail à la même texture plumeuse que la cape de la
première, et possède un cou particulièrement allongé. On ne distingue pas son visage. Sur le côté, à droite, on peut apercevoir un petit hermaphrodite enceinte, et avec quatre seins ; sa peau
verte et sa grimace dégoûtée lui donnent une allure monstrueuse. Enfin, un oiseau de type échassier, verdâtre, sur la gauche.
En haut à gauche, une sorte de mise en abîme ; en l’occurrence, c’est un tableau qui représente la mariée en question, dans la même attitude et la même tenue, mais dans un contexte différent de
celui de la scène.
Il n’est pas difficile de repérer le caractère très sexuel et fantasmatique de cette toile. En se repérant avec la symbolique freudienne, l’arme de l’homme-oiseau brisée, pointée vers le sexe de
la femme, est un symbole phallique très fort. Le long bec, tourné vers la même direction, en dit aussi long. Pour en revenir à l’arme, notons qu’il s’agit d’une lance brisée. Représentative de
rupture et de désordre, elle symbolise ici une sexualité compromise, ou un amour malheureux. Un problème relationnel, en tout cas. C'est d'autant plus tragique que le vert est une couleur qui
symbolise la vie, la jeunesse et l'espérance de renouveau. C'est une couleur vivifiante et tonifiante. Ici, le vert sombre fait office de contraire; toutes ces belles idées sont assombries par un
desir qui n'est pas accepté. On peut ainsi dire que l'oiseau est "vert de jalousie" envers la seconde femme, peinte d'un rose frais et agréable.
Pour rester dans les couleurs, celle de la femme au milieu est tout aussi intéressante. Il est bien connu que le rouge est la couleur de la vie, du feu, du sang, de l'énergie en somme. Elle est
en analogie avec l'action, la vitalité, les désirs et les sentiments violents. Le rouge est aussi la représentation de la mort, du sacrifice suprême, et porte en ce sens une grande connotation
mystique. l'aurore comme le crépuscule sont rouges. C'est donc aussi une indication d'éveil de la conscience, et du sacrifice ultime nécessaire à la renaissance. C'est aussi une couleur des
passions et des émotions extrêmes, qui peuvent aussi bien avoir un caractère destructeur que régénérateur. Ainsi, cette femme est un personnage maternel et vif. Il ne faut pas oublier non plus
qu'en rêve, la couleur rouge exprime la soif de pouvoir et de connaissance. En nous appuyant sur l'oeuvre de Freud, il est facilement déductible que cette couleur de rêve représente des pulsions
refoulées, comme par exemple son attirance envers la seconde femme.
La déshumanisation des personnages font de la scène le récit de désirs contradictoires et bestiaux, la pulsion de mort et la quête de plaisir freudiennes mise ensemble pour retrouver une vie
d'animal libre. Toutefois, les parties humaines du corps rappellent que ce processus est difficile, voire impossible.
Le damier du sol et les briques parfaites rappellent l'utopie des cités géométriques du gre Hyppodamos; l'endroit, qui semble fermé, fait aussi penser aux phalanstères de Fourier. Ainsi, le
plaisir bestial prend une connotation utopique et irréalisable.
Aussi l’oiseau représente-t-il le marié ; la symbolique de la lance parle alors d’un mariage arrangé et malheureux. D’autant plus que la mariée semble plus attirée vers la deuxième femme. Ainsi,
le tableau aborde à la fois des attirances homosexuelle et hétérosexuelle, qui seraient alors symbolisées par l’hermaphrodite de droite. La présence de cette créature issue de la mythologie
grecque est d'autant plus parlante qu'il a été uni de force à la nymphe Salmacis par Poséidon.
Par Nÿd Drakan
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Publié dans : Commentaires sur le Monde
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