Dimanche 10 mai 2009
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Voilà les amis, avec ce dernier paragraphe, vous aurez de quoi être calés sur l'utopie ! Et
après je passe à autre chose, parce que ça a l'air d'intéresser à peu près... deux personnes, je crois ! (bon, ok, tout le monde est en examen à cette époque de l'année, ça n'aide
pas)
III. Un exemple de
contre-utopie: Le Meilleur des Mondes, de Huxley
C'est quand même celui que tout le monde a lu, avec Fahrenheit 451. Je ne vous raconte pas
l'histoire, cette fois !
Ceux qui l'ont lu auront remarqué que ce bouquin a vraiment la classe. Pourquoi ? Déjà, parce qu'il n'a été écrit qu'en 1932. C'est 15 ans après Mussolini, 4 ans après Staline, et... un an avant
Hitler. Or Huxley propose une histoire qui tourne autour du nazisme ! Une histoire où le gouvernement prétend faire le bonheur des gens, même sans leur consentement. Notre auteur étant un
scientifique, il a tourné autour de l'idée que le bonheur n'est possible que si la science domine.
En 1947, Robert Antelme (le mari de Marguerite Duras, un résistant) écrit L'espèce humaine, livre dans lequel il expose le projet SS de nier l'humanité de l'homme; c'est une idée
que l'on retrouve chez Huxley à travers la destruction de la structure familiale. La maternité est obscène, les enfants sont classés... Le conditionnement des hommes est libidinal, puisqu'ils
apprennent à ne pas s'attacher aux gens, à souvent changer de partenaire pour ne pas tomber amoureux. Le conditionnement intellectuel va également dans ce sens: on enseigne pas l'histoire, et on
perd donc le sens historique de la civilisation. En plus, comparer avec le passer est la caractéristique de l'esprit critique ! Et puis, ses personnages perdent leur liberté aussi, sauf que c'est
"moins" violent, car inconscient.
Il n'y a pas que ça, bien sûr.
Huxley présente également les caractères de la société de masses. Ça rappelle assez Les Temps Modernes de Chaplin, avec la mécanisation (la taylorisation, même !) de la vie humaine.
On le voit bien au début du livre, où les enfants sont éduqués ensemble, et où ils sont éloignés de la beauté et de la pensée avec des électrochocs.
Il renouvelle aussi le contrat social avec le modèle de l'iceberg. "huit neuvièmes au-dessous de la
ligne de flottaison, un neuvième au-dessus.", la partie du dessous n'effectuant pas de travail trop dur et étant droguée au cinéma sentant, au soma et au reste. Le système social rejoint le fait
qu'il n'y aie pas d'histoire (comme dans toute utopie qui se respecte; une société parfaite n'évolue pas); chacun a sa fonction, rien ne bouge jamais.
Un autre truc intéressant, c'est qu'en 1946, Huxley ajoute une préface. Il y dit des tas de trucs chouettes. Je vous cite un passage, juste pour le plaisir:
"...Cette idée, suivant laquelle le libre arbitre a été donné aux être humains afin
qu'ils puissent choisir entre la démence, d'une part, et la folie, de l'autre, était une notion que je trouvais amusante et considérais comme tout à fait vraie. [...] Je n'éprouve aujourd'hui nul
désir de démontrer qu'il est impossible de rester sain d'esprit. Au contraire, bien que je demeure non moins tristement certain qu'autrefois que la santé d'esprit est un phénomène assez rare, je
suis convaincu qu'elle peut être atteinte [...]."
J'ai très envie de tout vous recopier, mais mon article n'aurait plus de sens ! N'ayant
pas le temps de la lire, je vous en reparlerai peut-être plus tard.
Pour conclure, une dernière citation du Meilleur des Mondes, qui fera plaisir aux artistes comme aux scientifiques:
"- Ce n'est pas seulement l'art qui est incompatible avec la stabilité. Il y a aussi
la science. La vérité est une menace, et la science est un danger public. Nous sommes obligés de la tenir soigneusement enchaînée et muselée. (...) Elle nous a donné l'équilibre le plus stable de l'histoire. Mais nous ne pouvons pas permettre à la science
de défaire ce qu'elle a accompli. Voila pourquoi nous limitons avec tant de soins le champ de ses recherches. Nous ne lui permettons de s'occuper que des problèmes les plus immédiats du moment.
Toutes les autres recherches sont soigneusement découragées."
Voilà, c'est fini pour l'utopie !
Par Nÿd Drakan
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Publié dans : Culture Générale
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