Jeudi 5 avril 2007
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16:34
Une nouvelle que j'avais
commencé il y a longtemps... J'ai un énorme trou au niveau du scénario, plus d'idées, plus rien!
Elle est assez vieille, maintenant, et quand je la relis, je la trouve franchement surchargée.. Mais bon! ^^'''
Une silhouette était assise sur le bord de la falaise, contemplant toute la beauté de la mer, et ses reflets dorés qui illuminaient la côte des dernières lumières que projetait
sur le monde le soleil couchant avant de disparaître derrière l'horizon. Elle regardait les flots agités se jeter férocement sur les écueils, et, dans un assourdissant fracas, soulever des gerbes
d' écume qui jaillissaient à plusieurs mètres de hauteur. Sur la plaine qui surplombait l'océan, les herbes sèches se balançaient doucement, comme sa chevelure teintée des dernières couleurs de
l'astre diurne. A quelques centaines de mètres de cette ombre vacillait un bûcher qui flamboyait dans les ténèbres nocturnes, projetant sur les herbes jaunies par l'été des teintes rousses aux
couleurs de sang, celui-là même qui s'échappe fraîchement de la chair lacérée pour s'enfuir à travers les pierres durcies par la fournaise estivale. Et ce foyer embrasé brûlait le corps froid d'un
roi, guerrier admirable qui jadis défendit son peuple avec la hargne des plus honorables, et qui protégea d'une volonté formidable, jusqu'à son dernier souffle, l'élue de son coeur.
La bataille qui avait fait rage quelques heures plus tôt, nourrissant la terre sèche d'une pluie sanguinolente à l'odeur de putréfaction, avait porté sur les collines le soupir
de la Mort, et elle avait serré contre elle, dans une dernière étreinte, le plus grand guerrier de ces contrées qui s'était perdu dans son manteau de ténèbres. Ce voleur qui avait dérobé son coeur
et ses baisers à cette ombre en détresse était mort avec honneur, et avait offert sa vie pour que continue celle de son aimée, qui n'était désormais plus qu'une silhouette perdue dans l'obscurité
de la nuit, égarée dans la sombre immensité de l'univers, et qui pleurait en silence.
Elle demeurait immobile, face à la mer déchaînée, l'esprit torturé par trop de souvenirs, jours de batailles, de sang, de mort, et de derniers baisers, plongée dans des pensées
qu'elles ruminait inlassablement, s'enfonçant toujours un peu plus dans un deuil trop douloureux, souffrant déjà de l'absence de tout cet amour dont elle avait tant besoin. Le vent vint brûler ses
joues, déjà rougies par le froid nocturne. Puis le soleil revint, de l'autre côté des contrées, juste derrière les collines serrées les unes contre les autres à perte de vue. Alors Nyd se leva,
affrontant toujours l'océan du regard, et hurla toute sa douleur à l'étendue bleutée, criant tout son malheur, et ce refus de plonger son coeur dans la noirceur d'un deuil insupportable.
Son corps, que trop de malheur ne pouvait plus soutenir, se laissa basculer dans le vide, prêt à se fracasser contre les rochers en contrebas. De justesse, une main robuste
rattrapa la sienne. L'homme la hissa sur le rebord de la falaise et l'étreignit d'une force réconfortante. Soulagé d'être arrivé à temps, il remercia son instinct de lui avoir soufflé l'idée
qu'elle tenterait de venir à la rencontre de la mort, plutôt que de la laisser venir.
"Viens, rentrons. Tu dois te reposer...
- Non.
- Tu vas dormir un peu, et manger.
- Parce que toi, tu as dormi cette nuit? Et aujourd'hui? Par le sang de la mort, sois réaliste! Comment veux-tu que je..."
Il resta interdit, exaspéré par cet entêtement farouche de celle qu'il avait trop peu appelée "belle-soeur". Il la prit fermement par le bras et l'entraîna sur le chemin escarpé
qui menait au village, atterré par le reflet vide qui flottait dans ses yeux, autrefois regard perçant et profond.
Ils pénétrèrent dans le village silencieux, traversant une vaste place au milieu de laquelle gisaient quelques branches calcinées, et entrèrent dans la plus grande des
habitations. Une lumière chaude et accueillante éclaira leurs visages, celle d'un feu qui mâchonnait quelques bûches au centre de la pièce. Une dizaine de personnes étaient assises autour de
celui-ci, et dévoraient de leurs yeux brillants le visage torturé de tristesse de la jeune femme. A la lumière du feu, on pouvait distinguer ses traits creusés par les larmes qui avaient coulé
toute la nuit, laissant derrière elles d'épaisses traces salées sur son visage pâli par la fatigue, entouré de sa lourde chevelure boueuse et emmêlée, et de lourdes cernes soulignaient ses beaux
yeux d'émeraude. Ils s'installèrent l'un contre l'autre, tournés vers la chaleur du feu, observant à leur tour les gens les plus importants du village. Tout comme celui de Nyd, leurs regards
n'étaient plus les mêmes, et leurs allures altières et fières d'autrefois étaient celles de celui qui se replie sur lui-même pour mieux s'enfermer dans son silence malheureux.
Par Nyd Drakan
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Publié dans : Folies Textuelles
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Autant que le récit, d'ailleurs ;)