[Brésil] Politique étrangère

Publié le par Nÿd Drakan

Petit topo sur une série d'articles du Monde, hors-série Septembre-Octobre 2010. D'autres articles sur le Brésil vont suivre, j'espère que ça vous intéressera ! :)

 

I. Un rôle international difficile à déterminer

Président Lula le disait encore il y a peu: "nous sommes fatigués de jouer en deuxième division".

Le Brésil commence tout doucement à se faire une place parmi les grands sur la scène internationale, avec aujourd'hui 68 ambassades et consulats dans 37 pays. Il revendique même un siège au conseil permanent de l'ONU, et s'est vu confier la responsabilité de mener à bien mission de paix en Haiti. Le Brésil est aussi un membre actif du G20 et du groupe des BRIC (Brésil, Russie, Inde et Chine).Les rapports du Brésil au FMI se sont inversés également. Maintenant, c'est le Brésil qui fait sa loi - il a prêté au FMI 1,3 milliards de dollards en 2009 !

Par contre, les États-Unis voient cette tentative de s'imposer d'un mauvais oeil. En effet, le président Brésilien s'est plus ou moins auto-proclamé médiateur privilégié pour gérer le conflit israélo-palestinien... La secrétaire d'État, Hillary Clinton, a qualifié cette attitude de "risible et ingénu". C'est la même chose pour l'Iran. En 2009, le président Lula a été reçu à Téhéran en ami et y a signé un accord nucléaire (Brésil-Iran-Turquie).

Pour terminer, on critique beaucoup le Brésil pour ses messages contradictoires. Lula critique certes les bases américaines en Colombie, mais garde le silence quand le Vénézuela achète des armes russes ou quand le gouvernement irannien exécute ses opposants.

 

II. La co-opération militaire avec la France

Après la dictature militaire de 1964 à 1985, le Brésil n'a quasiment pas investi dans son armée - et ça se comprend ! Mais depuis 2008, le pays a changé d'avis; non seulement il faut surveiller un territoire qui fait 15x la France et 8 500km de côtes, mais il se trouve que d'importants gisements pétroliers ont été découverts en eau profonde récemment. De quoi faire du Brésil un des plus gros producteurs d'hydrocarbures au monde d'ici 2030 !

Et la France a un peu sauté sur l'occasion. Il faut dire que le bilan d'une telle co-opération est tout à fait positif: des contrats d'armements très intéressants (pour un pays qui n'a encore jamais investi dans la défense, tout est à acheter !), une ouverture vers des investissements sur tout le continent - et l'honneur de soutenir une démocratie. Pour vous donner quelques idées, la France compte fournir au Brésil un sous-marin d'attaque à propulsion nucléaire (aujourd'hui seulement 5 pays savent en construire) d'ici 2022, 50 hélicoptères de transport, et probablement 36 avions de combat polyvalents. Sans oublier qu'au-delà de la livraison de marchandises, il s'agira d'un véritable transfert de connaissances et de technologies.

Et vous, vous en pensez quoi ?

 

III. Des ambitions nucléaires ambigues

Le Brésil a de grandes ambitions nucléaires (c'est vraiment la mode en ce moment), mais seulement sur le plan civil. Un programme de construction de huit nouvelles centrales a même été mis au point pour répondre à la consommation croissante de la population. Ce qui sème le doute, c'est que le Brésil refuse d'être totalement transparent sur la façon dont il extrait l'uranium. La défense du pays, c'est que le secret est le meilleur moyen de se défendre contre la concurrence commerciale.  Mais l'Agence Internationale de l'Énergie Atomique (AIEA) a toujours des doutes, et a mis en place en mai 2010 une équipe charger d'enquêter sur la question. Il semblerait que le Brésil aie acheté des plans de centrifugeuses à des ingénieurs allemands, et l'AIEA s'inquiète; s'agissait-il de commerce clandestin ou non ?

Bien que Lula a toujours tenu un discours en faveur de l'abolition des armes nucléaires dans le monde, l'amitié Brésil-Iranienne (voir I.) met cet engagement en doute.

 

IV. Mercosur, ça ne marche pas des masses

Mercosur (merco = marché, sur = sud) est le nom que l'on donne à l'union douanière entre le Brésil, l'Argentine, le Paraguay et l'Uruguay.

Ce qui est étonnant, c'est que le Brésil refuse de devenir le leader de l'alliance. Tandis que les autres pays estiment que l'intégration régionale est la meilleure des protections face à la mondialisation (c'est dur d'être compétitif sur le marché mondial quand on est un pays en développement), le Brésil préfère faire sa route tout seul.

Depuis la création de Mercosur en 1991, le protectionnisme a reculé et les échanges fructifient, mais il n'est pas encore question de partager les voies de communication ou de s'entraider sur le plan énergétique. D'autres organismes ont même été mis en place, comme L'union des Nations Sud-Américaines (Unasur) et la Communauté des États d'Amérique latine et des Caraïbes, mais rien ne semble trop fonctionner. Faut-il blâmer la divergence de langues ?

Par contre, il faut noter une certaine co-opération entre Brésil et Chine, qui est devenue le premier partenaire commercial du pays latin. Toutefois, le Brésil y exporte des produits primaires en échanges de biens chinois à haute valeur ajoutée... Plus un petit désaccord politique à propos de l'Iran: la Chine soutient les sanctions internationales pour empêcher le programme nucléaire iranien d'arriver à son terme, quand le Brésil y est fortement opposé.

 

Publié dans Culture Générale

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F


Ce que j'en pense... Et bien déjà que le Brésil commence à régler leurs histoires de flics corrompu et ce qui se passe dans les favelas... Au lieux de s'occuper ce qui se passe ailleurs...



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N


Comme je l'ai dit dans mon article précédent, Lula a quand même sorti 25  millions de personnes de la pauvreté en 6 ans ! Sans politique étrangère, c'est difficile d'attirer des
investissements, et sans argent, difficile de régler ce genre de problèmes... Personnellement je suis sûre que le Brésil va se développer rapidement pendant ces 10 prochaines années. Il suit
quasiment le même schéma que la Chine, du moins sur le plan économique ^^"