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Café Du Port

À mon très cher Visiteur

Cher Visiteur,
Bienvenue à toi!
    Je suis heureuse que le fil de tes clics t'aie mené jusque dans ce domaine virtuel qu'est le mien. Tu y trouveras, avec un peu de chance, des tas de trucs intéressants. Promène-toi! Si tu as atterri ici, c'est que tu as du temps devant toi.
    Il ne me reste qu'à te souhaiter une agréable visite, cher Visiteur, et une exellente continuation dans ta vie - qu'elle soit riche de rebondissements divers!

Harpistiquement,
Nÿd Drakan.





 Le Blog :

What's Done: Je-euh... Ah mais je suis complètement d'accord ! ¬¬"
What's New: J'ai un MySpaaaaaace !!
What's Forthcoming (or not!):
Euh bin je vais essayer de mettre plein de trucs à jour histoire de vous laisser de la lecture pour les vacances. x)
 
 Moua :
Là, maintenant, tout de suite

Humeur: Glandons, Glanderie, Glandouille, Glandeusarde...
Bonne résolution: "Elle indique le niveau de qualité de l'image: Plus elle est élevée, meilleure est la qualité. Elle s'exprime en ppp ou dpi." < Et toc !
Musique(s): Les groupes de Solidaaaaays !
  En lecture: L'illusioniste, de Christopher Fowler (offert par Shuräan ! <3)
Mots: "Ouaaaaaais, biiiiiis" *s'explose la voix alors que le concert a tout juste démarré*
Citation: "Le monde est Stoooone" - Fabienne Thibeault



 Liens Souvent Edités

Le Monde à mes Pieds Publicités Téléphoniques   Recettes Dans mon Entourage
Mardi 3 avril 2007
    On frappa. La grande porte s'ouvrit dans un sinistre grincement: l'averse qui s'abattait dans la nuit s'infiltra dans la chaleur de la pièce, tandis qu'une chaude lueur s'en échappait pour éclairer les ténèbres. Dans cette agréable clarté se découpa la silhouette d'un domestique. D'un signe, il invita à entrer l'homme qui venait de frapper, une personne assez grande enveloppée dans une longue veste  noire trempée de pluie, qui disparut dans la confortable lueur de la pièce sans se faire prier, suivi du valet.

    "Une visite, mademoiselle. L'Amiral Yrkhan.
- ... Fais-le entrer. Et prépare du thé, s'il te plaît."

    L'amiral entra dans le vaste salon, qu'il avait reconnu, et admira la grandeur de la pièce. Il promena son regard jusqu'aux moindres recoins; ils exhalaient des effluves de trésors venus de loin, une lointaine odeur d'encens, peut-être même le parfum du mystère lui-même. Dans la bibliothèque située à l'opposé, des objets venus des quatre coins du monde étaient soigneusement disposés, alignés les uns contre les autres. Puis il contempla l'immense cheminée dans laquelle un feu accueillant mâchonnait une bûche desséchée par le froid. Devant celle-ci était une table basse, couleur rouge sombre, sculptée avec tant de finesse qu'elle semblait onduler sur le sol, et face à laquelle se dressaient deux sièges, d'une teinte semblable qui rougeoyait à la lumière du petit brasier, agitée de reflets qui glissaient le long des tissus.
   
    La maîtresse des lieux se mit lentement en mouvement; sa silhouette élancée se leva calmement de son fauteuil puis s'approcha de son visiteur. A mesure qu'elle s'avançait, Yrkhan pouvait distinguer un peu plus ses traits. Elle n'avait pas changé, cette femme dont le teint irrégulier avait subi la brûlure du soleil et des embruns iodés de l'océan; elle avait de superbes yeux gris, doux et pénétrants, des lèvres envoûtantes de finesse, et un nez retroussé. Sa chevelure bouclée tombait dans une cascade rousse sur ses épaules, cachées avec délicatesse par une ample chemise blanche dont les manches retroussées dévoilaient des avant-bras à la musculature trop masculine, zébrés de cicatrices difformes. Elle portait un pantalon de toile sombre et une paire de bottes en vieux cuir qui semblaient avoir essuyé toutes les tempêtes du monde. Elle se tenait droite, la poitrine légèrement tenue en avant, la courbe du dos parfaitement dessinée lui donnant une allure altière qui inspirait noblesse et aventure. L'amiral, subjugué par sa beauté sauvage, son parfum sensuel de jasmin de Bengalore et de cèdre, ne put prononcer un mot. Durant quelques instants, seuls les crépitements du feu de cheminée résonnèrent dans le silence, avant qu'elle ne sourisse et commence d'une voix grave et claire:
    " Prends donc place dans un fauteuil. Et donne-moi ton manteau, il séchera vite auprès du feu."
Elle marqua une pause pendant qu'il se mettait à son aise, avant de reprendre:
    " Comment te porte-tu depuis la victoire de la Guerre d'Argent?
- Eh bien... Il faut dire que gérer les nouvelles terres m'a beaucoup occupé, et j'ai eu peu de temps pour moi, et..."
    Il se tut lorsque le domestique entra dans la pièce, un plateau argenté en main, qu'il déposa sur la petite table. Deux tasses y étaient disposées, emplies d'un liquide fumant et noirâtre. Elle ne prêta pas attention à l'intrusion et imposa au général un regard ferme et pénétrant. Elle lui lança calmement, d'une voix glaciale:
    "Pourquoi es-tu venu?"
    Il toussa imperceptiblement, et ses yeux fuirent les siens pour se plonger dans le réconfort du feu rougeoyant. Il lui répondit d'une voix qui se voulait aussi ferme que la sienne, mais mal assurée:
    "Tu le sais aussi bien que moi, Dynn.
- Ne m'appelles plus ainsi.
- Soit. Mais je maintiens que tu sais parfaitement la raison de ma...
- Je suis certes isolée de votre monde hostile et dégénéré, enfermée comme je le suis dans cette maison, mais je m'informe de ce qui s'y passe. Je veux simplement l'entendre de ta bouche... Amiral."

                    *****

    "Tu te rends compte, Némo? Il est venu! Lui...
- Yrkhan?
- Oui!
- Eh bien... Depuis combien de temps ne vous étiez-vous pas vus?
- Ça va faire presque dix ans.
- Oh.
- Bref. Je suis cordialement invitée au banquet donné par Sa Majesté. Il veut célébrer le départ prochain de trois caravelles vers le Nouvel Orient! S'il croit me flatter avec ses invitations stupides, c'est un imbécile. Et avec ça, il y aura tous les Généraux et des amis haut placés... Stupide.
- Mais alors, vous avez accepté sa proposition?
- Non, justement. Ce banquet est un moyen de mettre une pression sur moi.
- Mais Mademoiselle est en très mauvaise passe!
- N'allons pas jusque là, mon ami. Je vais jouer un peu avec lui, puisqu'il sait pertinemment que sans moi sa petite expédition n'est plus rien. Il va donc accepter gentiment les conditions que je vais lui imposer, réparer mon bateau, et s'il le faut, je le mènerais à la baguette.
- Un jeu dangereux que vous jouez là, mademoiselle.
- Il vient de se mettre le doigt dans l'oeil en croyant me maîtriser ainsi!
- Mais... c'est l'Empereur. Il décide de l'avenir et du bon-vouloir de n'importe lequel de ses sujets.
- Par l'écume de l'Océan! Je vais lui montrer que le sang des Drakan ne s'est pas dilué avec l'eau de mer, tiens, et que, même si c'est le cas, c'était un jour de tempête! Il va me le payer!"

                                *****

    A son arrivée, Dynn fut dignement reçue; l'Empereur lui-même, sa femme et le général s'étaient déplacés jusqu'au seuil de l'imposant château pour l'accueillir. Le monarque était vêtu d'un superbe pantalon blanc cousu de fils d'argent, festonnée de lignes noires qui, tout en finesse, s'entremêlaient avec délicatesse. Ses longs cheveux noirs étaient soigneusement peignés, graissés et attachés bas sur sa nuque. De fines mèches ondulées zébraient son visage pâle à qui ses yeux, aussi sombres que sa chevelure, donnaient un air mélancolique.
    Son épouse, serrée contre lui, portait une robe somptueuse aux teintes bleues et rose pâle, qui mettaient parfaitement en valeur la clarté de sa peau, son regard bleu et ses boucles blondes, qui pour l'occasion avaient été coiffées avec complexité. Dynn appréciait peu le corset trop serré qu'elle portait, qui lui donnait une fausse maigreur qui lui parut de mauvais goût, alors que sa poitrine était gonflée en avant avec exagération, comme seules savent le faire les femmes de la haute société, trop soucieuses de leur image, et trop respectueuses d'un style qui lui semblait pourtant dépassé.
    Yrkhan, quant à lui, portait avec modestie son beau costume d'Amiral, sombre, mais riche de motifs. Il avait été recousu plusieurs fois d'entailles, maintes fois lavé de taches de sang, mais gardait une certaine dignité complétant son rang, toujours porté avec fierté. Ses yeux verts brillaient, et sa chevelure, véritable tignasse roux sombre veinée de mèches couleur cendre - la vieillesse le rattrapait déjà - était tressée avec négligence. Il ne quittait pas Dynn du regard.
    Elle leur adressa un sourire poli, mais fallacieux, et gravit les marches de l'immense escalier, maugréant entre ses dents toutes les insultes qui lui venaient à l'esprit à l'adresse de sa propre robe, qui n'était à ses yeux qu'un symbole d'infériorité par rapport aux hommes; ils étaient libres du moindre de leurs mouvements, sans être étouffés par l'étreinte abominable d' un bustier trop serré, ni gênés par la myriade de plis des jupons qui venaient s'entremêler dans les jambes maladroites et déséquilibrées. Pourtant, tous le pensèrent à cet instant, elle était merveilleuse, ainsi vêtue. Ses voiles n'étaient que des reflets verts et bleus, superposés dans une superbe complexité, mis en valeur par un corset délicat qui dévoilaient sa silhouette longiligne et musclée. Enveloppée dans pareil chef-d'oeuvre, l'océan, dans toute sa sauvage splendeur, semblait tournoyer autour d'elle.

                        *****

"Vous n'étiez pas obligée de préciser devant toute l'assemblée que vous n'aviez pas encore accepté ma proposition. Si vous aviez été une autre, je vous aurais mise à mort pour cela.
- Vous ne le pensez pas.
- Plus que vous ne le pensez.
- Fort bien. Et, ma mise à mort exceptée, comment comptez-vous me faire participer à votre petite expédition?
- Mais vous y participerez, que vous le vouliez ou non.
- Justement, nos avis diffèrent sur ce point. Ce point seul, bien entendu. Toujours est-il que si vous voulez me voir partir avec d'autres vaisseaux, ce sera avec le double de la somme que vous me proposez en poche, et à bord du Leannán.
- Votre bateau? Mais comment voulez-vous qu'il flotte, dans son état.
- S'il est dans ce si piteux état, c'est parce que vous m'avez envoyée le faire trouer aux Indes, histoire de faire gagner du terrain à votre empire, et en attendant, je n 'ai pas les moyens de le faire réparer.
- Donc, vous irez à bord d'un autre, puisque celui-ci est bon à brûler.
- Et je compte bien, en dédommagement de cette insulte que vous faites à mon navire, d'abord en l'envoyant devant les canons, ensuite en le traitant de bois à brûler, des réparations, et de belles réparations, qui lui rendront toute sa splendeur.
- Il en est hors de question.
- Fort bien, mais réfléchissez-y à deux fois. Sans mon Leannán, je ne vais nulle part, du moins je rentre chez moi, et j'y reste. Je vous demande simplement un peu plus de générosité financière et de ma gratitude envers le plus beau bateau du monde...
- Ah, chère Dynn, parfois je regrette que vous ne soyez pas ma femme. Si Doeïs avait un tel caractère...
- Lui auriez-vous réparé son bateau, sil elle avait eu mon caractère?
- Qu'est-ce qui vous intéresse le plus, au fond? L'argent, ou votre bateau?
- Mon bateau, que croyez-vous. C'était celui de mon père, et l'écume a tellement léché sa coque que le bois est imprégné de sel. Le sang des hommes a tant imbibé le bois qu'il est comme animé d'une vie propre. Ce navire a une âme. Non seulement celle de l'océan, mais aussi la mienne. Vous détruisez un mythe en le brûlant. C'est le vaisseau le plus rapide qu'on ait jamais construit, il regroupe les meilleures technologies qu'on ait rapporté des contrées lointaines!
- Parfait. Si je répare le Leannán, vous n'aurez pas la prime que vous me demandez en plus.
- Soit.
- Eh bien, nous sommes d'accord.
- Absolument. Maintenant, si vous permettez, je vais rentrer chez moi.
- Bien sûr.
- Au revoir.
Avant que Dynn ne sorte de la pièce sombre et confinée, l'Empereur lui lança:
- Oh, et avant que j'oublie de vous prévenir, le Leannán vous attend au port de Linfeynn, il est à l'eau, et votre équipage vous y attend."
Elle sourit et partit en silence.


                        *****

    Dynn marchait d'un pas rapide le long du quai noyé de brouillard épais; on pouvait distinguer à travers la brume les silhouettes floues des bateaux amarrés: la plupart n'étaient que de modestes barques de pêche au mât unique qui se balançaient d'un côté et d'un autre, mais entre eux se tenait, aussi majestueux que l'Océan lui-même, le Leannán. C'était une superbe frégate, dont les haubans avaient été dépliés et solidement noués aux jottereaux; leur tension, encore faible, leur laissait la liberté de frapper contre les meistres dans un son mat et métallique. Les planches de la coque espalmée, encore sèches d'un hivernage prolongé, craquaient bruyamment, comme de brusques lamentations au contact de l'eau salée. Ainsi le Leannán, à l'eau depuis peu, revenait à la vie: il chantait, se mouvait tranquillement, et Dynn n'en ressentait qu'un intense bonheur. Alors qu'elle continuait d'admirer son vaisseau, une ombre massive s'approcha d'elle. Sa démarche était lourde et rapide, et le temps que le capitaine se retourne, elle l'avait percutée de plein fouet et la serrait dans ses bras. "Oh, toi!! " : la jeune femme n'avait eut le temps d'en dire plus, étouffée par l'étreinte du grand homme. Il mesurait une bonne tête de plus qu'elle, si ce n'était plus; sa carrure était le double de la sienne, et on distinguait à travers son épais manteau d'imposants muscles. Sa tignasse, plutôt longue, du moins par endroits - l'irrégularité de la longueur de ses cheveux donnait à la masse un effet encore plus désordonné -, couvrait une bonne partie de sa nuque et de son front. On apercevait toutefois, à travers les mèches poussiéreuses, deux perles brillantes, d'un noir profond; ses yeux, à la fois intelligents et affectueux, avaient posé leur regard sur Dynn, tandis qu'un sourire apparaissait sur ses lèvres sèches.

par Nyd Drakan publié dans : Les Larmes d'Écume
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Lundi 2 avril 2007
C'est une nouvelle qui m'est restée longtemps dans la tête, avant que je me décide à l'écrire. Le scénario est venu à son rythme (c'est-à-dire leeentement!), pendant l'été dernier. Le premier document qui débute l'histoire écrite date du vendredi 29 Septembre 2006, à 20h39 précisément.

Cette histoire à tendance à me coller à la peau, parce que chaque personnage me ressemble un peu. Du coup ça me rend souvent d'humeur assez bizarre, du fait que je peux manipuler leur destin et pis pas le mien. (Enfin, c'est beaucoup plus dur)

Bon, eh bien, ne perdons pas de temps. Enjoy! Et n'hésitez pas à glisser un commentaire, ça ne pourra que me faire plaisir.
par Nyd Drakan publié dans : Les Larmes d'Écume
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