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À mon très cher Visiteur

Cher Visiteur,
Bienvenue à toi!
    Je suis heureuse que le fil de tes clics t'aie mené jusque dans ce domaine virtuel qu'est le mien. Tu y trouveras, avec un peu de chance, des tas de trucs intéressants. Promène-toi! Si tu as atterri ici, c'est que tu as du temps devant toi.
    Il ne me reste qu'à te souhaiter une agréable visite, cher Visiteur, et une exellente continuation dans ta vie - qu'elle soit riche de rebondissements divers!

Harpistiquement,
Nÿd Drakan.





 Le Blog :

What's Done: Je-euh... Ah mais je suis complètement d'accord ! ¬¬"
What's New: J'ai un MySpaaaaaace !!
What's Forthcoming (or not!):
Euh bin je vais essayer de mettre plein de trucs à jour histoire de vous laisser de la lecture pour les vacances. x)
 
 Moua :
Là, maintenant, tout de suite

Humeur: Glandons, Glanderie, Glandouille, Glandeusarde...
Bonne résolution: "Elle indique le niveau de qualité de l'image: Plus elle est élevée, meilleure est la qualité. Elle s'exprime en ppp ou dpi." < Et toc !
Musique(s): Les groupes de Solidaaaaays !
  En lecture: L'illusioniste, de Christopher Fowler (offert par Shuräan ! <3)
Mots: "Ouaaaaaais, biiiiiis" *s'explose la voix alors que le concert a tout juste démarré*
Citation: "Le monde est Stoooone" - Fabienne Thibeault



 Liens Souvent Edités

Le Monde à mes Pieds Publicités Téléphoniques   Recettes Dans mon Entourage
Dimanche 25 mai 2008
Elle date, la dernière nouvelle que j'ai mis là ! J'ai écrit celle-là pour jouter contre Okami et Shuräan, mais j'ai perdu T_T
Ça m'empêche pas de la trouver bien, cela dit :p Quoiqu'un peu trop... (comment qu'il disait, déjà ?)... Alambiquée !



Où sont-ils, les marins sombrés dans les nuits noires ?
O flots ! que vous savez de lugubres histoires !

   Victor Hugo, "Oceano Nox"

Nox Tempest


    Si tu savais, Gaïa... À quel point... Le souvenir est resté gravé dans mon coeur... Ah, si tu savais, mon amie...
   
    La surface était si bleue... Il faisait beau, de l'autre côté - de mon côté... Des rayons de jour crevaient la houle et venaient caresser les rochers... Ils ressemblaient à de grandes plaques d'acier froissées, jetées au fond de l'océan, et dévorées par des algues rouges qui coulaient le long de leurs déchirures ... Le soleil éventrait les vagues, transperçait les poissons qui saignaient leurs reflets pourpres et argentés - il fracassait l'océan de sa douce lumière, et violait les abîmes, avec une fierté cruelle et flamboyante qui n'appartenait qu'à lui... C'était le début de l'automne...
    Un vieux requin se traînait dans ces eaux diaphanes, effrayé par les ombres énormes et mouvantes des coraux vitreux, attaqué par les jets d'aurore, qui filaient entre leurs mains crochues, pour brûler sa peau grisâtre ... Par des coups de queue violents et saccadés, il tentait de fuir les raies de soleil, et se tapissait dans l'ombre, suffocant de terreur... Son agitation délogea même une anguille qui ondula autour de lui mielleusement, et fila sous une tâche de lise mordorée...
    Les incessants ressacs balayaient le sable... Des nuages safranés tourbillonnaient dans l'eau, puis retombaient avec une lenteur royale, laissant derrière eux de minuscules éclats dorés qui virevoltaient au gré du courant... C'est à ce moment là, Gaïa... À ce moment que l'océan a noirci, que l'agression du silence l'a figé, là... Silence brut, océan nu... Toute la Nature s'est tue, alors; le temps a bousculé la vie, la laissant immobile, frustrée, et est reparti au fond l'univers, abandonnant ce monde aqueux pétrifié... Et puis la mer est entrée dans un état de fureur sans limites; ses hurlements projetaient des perles incandescentes dans l'azur noir, qui carbonisaient l'air lui-même... Les oiseaux, le coeur étouffé par les avertissements instinctifs, s'étaient comme évaporés dans les miasmes nébuleux - qui crachaient une pluie de diamants de toute beauté, de toute violence...
    Je me souviens si bien... L'océan était si fier, lorsque la tempête lui avait rendu sa noblesse ténébreuse et despotique... Si... Impitoyable...
    Le vieux squale était agité... Il frappait les flots, et tournoyait entre les coraux qui l'effrayaient tant, comme s'il eut pu prendre sa revanche et briser leurs bras infâmes... L'anguille frémissait sous son bouclier de sable, que les bourrasques de lames émiettaient, puis reconstituaient d'autres grains de poussière... Les rochers abandonnés de toute vie faisaient face à la douloureuse érosion que les vents avaient provoquée...
    C'est là, Gaïa... là que je suis tombé... Mon amie, tu souviens-tu mon corps noyé, que des spasmes de paniques remuaient encore... Ma tête encore blanche d'asphyxie s'était déposée sur ces teintes dorées et moelleuses... Et ma vie s'est fondue dans ce monde brutal et aqueux...
    Si tu savais à quel point... Le souvenir est resté gravé dans mon coeur... Ah, si tu savais, mon amie...
par Nÿd Drakan publié dans : Nouvelles courtes
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Dimanche 22 juillet 2007
Je viens de retrouver un début de nouvelle (encore une pas terminée! À quand le Guiness des records?). C'est une introduction qui devait mener à un scénario du style "Je repense à toi, Soldat". Et puis non, finalement, malgré toutes les idées que j'avais pour faire quelque chose de sympa, c'est pas sorti. Allez savoir...
Donc j'ai appelé ce p'tit morceau de texte "Coup de Foudre". Il n'aura jamais de suite, et il est vraiment court, mais je me suis dit qu'il valait la peine que je le mette là.

Coup de Foudre

    Une douleur vive saisit mes tripes, sans prévenir. Sans les années d'entraînement qui m'enseignèrent la résistance, je me serais tordu de douleur, me tortillant dans la poussière brûlante de la cour. Mais il n'en fut rien; je tins debout, tête haute. Je sentis dans ma poitrine un battement de coeur un peu plus fort que les autres; d'ailleurs, à bien réfléchir, chaque palpitation se faisait plus forte, plus brève, plus rapide que la précédente. Elle passa devant moi, répandant dans l'air environnant son parfum envoûtant de délicatesse. Je mourais devant elle, tant sa beauté me piquait le coeur; sans pitié, son charme lancinait ma chair autant que mon âme; mon corps tout entier se trémoussait d'amour, alors que je ne l'avais aperçue qu'une fois. Comment se pouvait-il qu'une race si cruelle que la notre, corrompue par le pouvoir, ait pu mettre au monde créature si parfaite? Si j'avais été seul en cet instant, j'en aurais sangloté d'émotion. Elle passa devant moi, ne prêtant attention qu'à sa demoiselle de compagnie, une lueur inquiète dans le regard qu'abritaient ses deux yeux ocres, aux teintes orangées - existait-il au monde de plus beaux iris que ceux-ci? Je crois que les flammes de la passion avaient laissé leur empreinte autour de si belles pupilles. Et sa chevelure, noire de jais, aux boucles plus parfaites que les rondes houles de l'Océan! Et son corps, fin, élancé, tenu droit par cette modeste fierté, plus altier que ceux des plus nobles rois d'antiquité, camouflé avec goût par cette robe, simple et complexe à la fois, tant les tissus cousus sans détour étaient sublimés par la présence de ses courbes, juste sous eux! C'était le seul prédateur au monde, encore innocent, capable de saisir entre ses griffes la toute la fragilité d'un agneau nouveau-né sans la tuer du premier coup. Elle ne m'avait pas vu, pourtant elle tenait entre ses mains - ô combien délicates! - ma vie, mon âme, mon coeur - elle était ma raison de vivre.
par Nyd Drakan publié dans : Nouvelles courtes
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Dimanche 22 juillet 2007
Enfin, je me décide à mettre un truc en Anglais u_u C'est Shuräan (tous les commentaires postés sous le pseudo "Albel", c'est lui =p) qui m'a involontairement poussée à le mettre là, parce qu'apparemment je l'ai impressioné avec cette rédaction vaseuse =) Bon, c'est une rédaction écrite au téléphone, alors excusez la fin idiote, et le style très "rédaction" =S

A Close Friend.


    A little detail I loved was this litte cowlick that always - whatever the weather or time was - glided over his forehead. This delicate jet-black - and how gentle - snake ondulated along this small desert of white skin. Indeed! While his hair was tinged with the night's darkness, his skin was as white as the moon itself. He was taller than me, and how thin; I could guess the slenderness under his loose-fitting clothes. My old friend repeated that he had ordered some more muscles for his birthday - and the joke made me laugh more and more, as the years passed. An other thing was his look; these two irises were for me a real ocean of melted gold and bronze; how gliding they were, first guilt in bright, fire colours, then covered with infinite kindness and intelligence - how exeptional his eyes were!

    He had a wonderful imagination, filled with a multitude of dreams and tales. He was an artist at heart, and could tell any story I would have liked, interpretating the characters as an actor would do for a famous theatre play. His expressions while acting, the soudness of his words; he was capable of offering me the bests travels though the world, through time. He also played music, and was an amazing pianist. I enjoyed watching him during his moments of great concentration; I could see his fingers dancing on the black and white floor made by the keys, this fascinating ritual, producing the most beautiful melodies I have ever heard.

    He also had some short-comings: I had never seen a shyer person, or someone appreciating more silence than he did. He could stay perfectly still, simply listening to silence. Talking about himself was a torture, and knowing something about his background was designated as a real discovery.

    My best memory in his company was a summer night, a few years ago. He took the time of a whole night to tell me the stories and meannings of each constellation in the black sky. He then murmured: "If only I could catch one... one of these shinny stones, floating in the dark atmosphere... I would offer it to you." I could only answer with a tearfull look, filled with happy tears; he took me in his arms, a broken smile on his face, and we stood silent for a long time.

Once I thaught I loved him; but in fact we were simply very close to each other. We shared a lot of memories, stories and travels through our imaginations. Our friendship was so true, and eternal... His destiny decided to kill him in a car accident, some time ago. He probably went away to pick a few stars. I'll keep him in my heart for the rest of my life, but, despite my sadness... I'll remember he taught me what a true friend was.

par Nyd Drakan publié dans : Nouvelles courtes
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Samedi 21 avril 2007
Je l'aime beaucoup, cette nouvelle. Elle vient d'un défi avec mon ami Adrien, nous nous sommes lancés avant les vacances un défi d'écriture sur le thème de l'illusion. Je suis assez contente du résultat, à vrai dire!

    On m'avait promis un voyage extraordinaire, lorsque je les avais achetées. Sans aucun doute, m'avait assuré un ami, elles seraient pour moi un bien meilleur remède. Et puis, mon fournisseur était un homme adorable: subtil, fine mouche, il avait le regard intelligent et le sourire juste assez manipulateur pour qu'on aie confiance en lui. Je rentrai chez moi, une lueur d'excitation dans les yeux, et, me posai dans mon fauteuil de velours noir, usé par la poussière, ponctuant le geste d'un soupir las mais heureux. Je sortis donc mon tout dernier achat de ma poche, en nettoyai soigneusement l'extrémité d'un coton désinfecté, et plongeai dans ma chair palpitante l'aiguille rafraîchie d'antiseptiques.
    Un instant, je contemplais mon salon en désordre, comme si c'était la dernière fois que mon regard terni d'ennui pouvait l'apercevoir. De mystérieux sentiments s'insinuaient dans mon esprit, comme si les objets... vivaient... Des vêtements traînaient jusque dans les moindres recoins, se prélassant paresseusement sur le faux parquet clair constellé de tâches d'encre, sombres étoiles, ciel luisant; mes meubles de mauvaise qualité, recouverts d'une pellicule de saleté, semblaient pris d'une lourdeur hautaine. Ô, énigmatique émoi! Et cette vieille horloge en acajou, battant le temps d'une une régularité inouïe qui me dépassait, elle et ce pouvoir de contrôler le temps, ne lui permettant d'écouler ses secondes que quand son balancier daignait atteindre une extrémité ou l'autre de son court parcours. Seules ces petites machines avaient le droit de posséder ce genre de privilèges: pour cela, je méprisais cette horloge.
    Je poussais encore, un peu plus le piston d'un geste tranquille et sentais un liquide tiède se propager dans mon sang à grande vitesse. Je n'eus même pas le temps de desserrer la lanière de cuir qui serrait mon bras. Une inspiration, et déjà je basculais dans un autre monde. Un monde de rêves.

    Des larmes de soulagement mouillèrent ma vue; au fur et à mesure que le fluide parcourait mes veines, l'étreinte de la réalité, trop présente, trop cruelle, cessait d'étouffer mon âme, et je respirais enfin un air de liberté. Ô, sublime sensation! Aucun remords, pour avoir vidé mon compte bancaire afin de te connaître enfin. J'obtenais mille délices grâce à toi. En l'espace de quelques secondes, mon salon n'était plus. Un vide parfait prit place, et, finalement, je fus seule, complètement seule dans un monde en lequel je n 'avais plus confiance. Redevenue fœtus, protégée de la réalité, comme enfouie de nouveau dans la déliquescente chaleur maternelle, à l'abri des autres et de leurs viles influences, hors de porté des manigances poisseuses que l'on menait dans mon dos depuis trop longtemps; ainsi isolée, rien n'avait plus d'importance. Je laissais la drogue m'offrir cette protection que j'avais toujours désiré retrouver.
    Puis je crus apercevoir de minces flammèches qui s'élevaient dans l'atmosphère nocturne; multicolores, elles ondulaient dans le vide, sans support aucun, tournoyaient autour de moi comme des poissons tropicaux piqués de curiosité. Leurs teintes chatoyantes, leurs formes étranges, leurs mouvements subtils, souples, sensuels même, hypnotisaient mon regard. Ces courbes ondulantes apparaissent, se mouvaient dans l'air, puis, comme perdant leur souffle bref, s'estompaient dans l'obscurité aussi vite qu'elles étaient apparues.Ô, obscures lueurs d'espoir; vous éclairiez le sombre, assombrissiez le lumineux. Elles étaient le Mystère lui-même, lui et ses effluves aux exhalaisons d'incertitudes et de convictions, ces courbes aux gestuelles aliénées... Fascinée, je me m'octroyais alors la liberté de rêver, et, à cet instant, ne ressentais qu'apaisement.
    Bientôt, elles disparurent toutes, comme elles étaient venues, s'effaçant dans le noir, comme effrayées de quelque cauchemar étrange. Moi, revenant à la réalité, suffocant dans  l'air, épaissi par le malheur, munie du peu de conscience qui me restait, j'empoignais maladroitement une autre seringue, et un liquide neuf envahit mes veines.
    La chaleur rassurante revint, mon souffle retrouva son rythme détendu. Je pouvais enfin nier ma fragile nature, et me sentir puissante, maîtresse de mon destin, grâce à cette nouvelle force qui nourrissait mon sang. Cette vague de bien-être entraîna une extase, une confiance en moi-même toutes nouvelles. Je voulais hurler au monde à quel point il était insalubre, ce monde de préjudices, ce monde de favoritisme, ce monde raciste, ce monde riche, pauvre, ce monde divisé et injuste! Monde malsain! Je voulais pourtant vivre, exister et me battre pour mes idéaux; enfin je me sentais être, mon corps avait de la consistance, mon avis avait un poids. Je pouvais désormais aller en avant, poser un pied devant l'autre, montrer que j'étais bien là, pour le meilleur et non plus pour le pire, assumer mes valeurs, si pertinentes qu'elles passaient pour surannées. J'étais capable laisser l'empreinte de mes convictions dans la société. Ô, puissante vésanie! je possédais ton pouvoir.

    Le temps passait trop rapidement, incontrôlable, fugace et fuyant. Je crus apercevoir cinq, six seringues vides sur mes genoux tremblants. Je me sentais plonger dans le néant; quelque chose de véritablement profond, qui renfermait, loin sous ce sentiment de plongeon, de la terreur. Une frayeur intense; celle qui s'insinue dans les artères scandées par un coeur affolé, aux allures de phobie violente, soudaine, et qui n'apparaît que lorsque l'on prend conscience d'une réalité fatale, mortelle. Un râle imperceptible, gémissement d' affable agonie qui n'en finissait pas d'envahir ma chair s'échappa de ma gorge gonflée par une lente asphyxie. Le noir envahit ma vue, mon ouïe, seul un lointain goût de cendre persistait encore à coller à mes papilles. Je crus sombrer dans un océan âcre et visqueux, qui me privait de tous mes sens. J'avais peur, vraiment. La seule angoisse que l'humain peut véritablement ressentir, la seule qui n'est pas aussi superficielle que les autres...
    Ô, merveilleuses illusions; pouvais-je me douter qu'au delà de vos bienfaits, vous n'étiez qu'un prédateur raffiné?
    ... la peur de mourir, je crois.


par Nyd Drakan publié dans : Nouvelles courtes
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Samedi 21 avril 2007
Un truc écrit pendant les vacances, ça ressemble au film "Retour à Cold Moutain" (pour ceux qui connaissent pas, je conseille vivement!) dans le concept, mais bon, c'est la première fois que j'essaie un genre épistolaire, je referais sûrement des essais, ça me déplaît pas trop.

       
" Je repense à toi, soldat.
    Un nom, un souffle, le vent d'une rêverie oubliée, et mon coeur bat plus fort contre mes côtes, l'air se fait rare dans mes poumons. Il suffit qu'une pensée prenne d'assaut mon âme à l'agonie, un vague songe sans importance, qui soit lié à ta personne, pour que ta voix doucereuse envahisse de nouveau mon esprit. Je souffre de ton absence, soldat. Ne m'avais-tu pas promis, juré, ne m'avais-tu pas donné ta parole, que peu de temps après ton départ, je pourrais lire des mots de toi?  Tu me laisse sans nouvelle, et ton souvenir me torture corps et âme. Ecris, si tu le peux, dépose une pierre dans une enveloppe, un brin de ta chevelure, et tel un feu meurtri par le vent d'hiver soudain revigoré grâce à d'agréables souffles chaud, tu rendras à l'espoir lui-même une lueur nouvelle. Je t'en prie, dis-moi que la vie et toi ne faites toujours qu'un.
    Tu m'as laissé un médaillon de cuivre, lorsque tu es parti, que ton père avait forgé, et dans lequel siège ton portrait. Une photographie teintée de gris, de noir, de blanc, sur laquelle je peux voir ton visage serein. Tu arbores un sourire discret qui te vas plutôt bien. Quand je l'ouvre pour te contempler, je peux encore humer quelques effluves nébuleux des senteurs qui furent ton parfum. Il ravissent mes poumons, et pourtant sont une torture intolérable. Il me suffisait jadis de m'approcher de ta nuque, murmurer quelque secret à ton oreille pour que me parviennent ton odeur sauvage et envoûtante.
    Chacun de mes mouvements porte ta mémoire, dans leur inconsciente gestuelle. En guise d'exemple; lorsque je pose sur mes épaules ton grand manteau noir, qui fut remplacé par cette horrible veste bleue de l'uniforme soldatesque que tu arborais sans fierté, je pense à toi. Il préserve entre ses coutures vieillies la chaleur de mon corps, quand il m'arrive encore de marcher sous la neige. La pluie glisse sur son cuir sans oser souiller mes chemises, cette pluie, qui en frappant contre  lui, fait couler le long de mes jours d'amères larmes diluées par l'intempérie. Ou bien lorsque je relis tes poèmes, notés en hâte à la plume sur des parchemins blancs, ces mots que tu avais su dompter pour moi, que tu glissais sous ma porte, aux heures les plus obscures des nuits d'été, dans un silence parfait qui jamais ne perturba mon sommeil pourtant léger. Je les conserve dans une boîte d'aluminium, et souvent passe des journées entières à les relire, à savourer chaque courbe de chaque lettre, que tu traçais si bien, avec une volupté et une souplesse de plume sans égales. Et puis, dernière relique du passé, j'ai gardé cette boîte à musique dont tu ne te séparais pas, que je t'avais presque dérobée, à la dernière minute, pour que, si j'oubliais la mélodie de ta voix, je puisse détenir encore quelques harmonies qui me feraient penser à toi. Comme pour me contredire absolument, ma mémoire a fait que restent gravés dans ma conscience chacune des syllabes que tu as prononcées.
    Quand rentreras-tu? Je me meurs de langueur , et subis l'accablement comme une plaie qui ne cicatrise pas. En ton nom, je dissimule au fond de mon coeur une dernière lueur d'espoir, de rêve, et m'accroche à ces empreintes que tu as laissées sur mon âme avant de disparaître. Je t'attends, je souffre. Je dépéris. Pourtant je vis, et continue de contempler comme chaque soir les constellations qui éclairent le monde, dont tu me parlais comme un philosophe, comme si tu étais leur fils... Penses-tu encore seulement à elles?
        Reviens, soldat..."
par Nyd Drakan publié dans : Nouvelles courtes
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Jeudi 5 avril 2007
    Une nouvelle que j'avais commencé il y a longtemps... J'ai un énorme trou au niveau du scénario, plus d'idées, plus rien!
Elle est assez vieille, maintenant, et quand je la relis, je la trouve franchement surchargée.. Mais bon! ^^'''

    Une silhouette était assise sur le bord de la falaise, contemplant toute la beauté de la mer, et ses reflets dorés qui illuminaient la côte des dernières lumières que projetait sur le monde le soleil couchant avant de disparaître derrière l'horizon. Elle regardait les flots agités se jeter férocement sur les écueils, et, dans un assourdissant fracas, soulever des gerbes d' écume qui jaillissaient à plusieurs mètres de hauteur. Sur la plaine qui surplombait l'océan, les herbes sèches se balançaient doucement, comme sa chevelure teintée des dernières couleurs de l'astre diurne. A quelques centaines de mètres de cette ombre vacillait un bûcher qui flamboyait dans les ténèbres nocturnes, projetant sur les herbes jaunies par l'été des teintes rousses aux couleurs de sang, celui-là même qui s'échappe fraîchement de la chair lacérée pour s'enfuir à travers les pierres durcies par la fournaise estivale. Et ce foyer embrasé brûlait le corps froid d'un roi, guerrier admirable qui jadis défendit son peuple avec la hargne des plus honorables, et qui protégea d'une volonté formidable, jusqu'à son dernier souffle, l'élue de son coeur.
   
    La bataille qui avait fait rage quelques heures plus tôt, nourrissant la terre sèche d'une pluie sanguinolente à l'odeur de putréfaction, avait porté sur les collines le soupir de la Mort, et elle avait serré contre elle, dans une dernière étreinte, le plus grand guerrier de ces contrées qui s'était perdu dans son manteau de ténèbres. Ce voleur qui avait dérobé son coeur et ses baisers à cette ombre en détresse était mort avec honneur, et avait offert sa vie pour que continue celle de son aimée, qui n'était désormais plus qu'une silhouette perdue dans l'obscurité de la nuit, égarée dans la sombre immensité de l'univers, et qui pleurait en silence.

    Elle demeurait immobile, face à la mer déchaînée, l'esprit torturé par trop de souvenirs, jours de batailles, de sang, de mort, et de derniers baisers, plongée dans des pensées qu'elles ruminait inlassablement, s'enfonçant toujours un peu plus dans un deuil trop douloureux, souffrant déjà de l'absence de tout cet amour dont elle avait tant besoin. Le vent vint brûler ses joues, déjà rougies par le froid nocturne. Puis le soleil revint, de l'autre côté des contrées, juste derrière les collines serrées les unes contre les autres à perte de vue. Alors Nyd se leva, affrontant toujours l'océan du regard, et hurla toute sa douleur à l'étendue bleutée, criant tout son malheur, et ce refus de plonger son coeur dans la noirceur d'un deuil insupportable.

    Son corps, que trop de malheur ne pouvait plus soutenir, se laissa basculer dans le vide, prêt à se fracasser contre les rochers en contrebas. De justesse, une main robuste rattrapa la sienne. L'homme la hissa sur le rebord de la falaise et l'étreignit d'une force réconfortante. Soulagé d'être arrivé à temps, il remercia son instinct de lui avoir soufflé l'idée qu'elle tenterait de venir à la rencontre de la mort, plutôt que de la laisser venir.
    "Viens, rentrons. Tu dois te reposer...
    - Non.
    - Tu vas dormir un peu, et manger.
    - Parce que toi, tu as dormi cette nuit? Et aujourd'hui? Par le sang de la mort, sois réaliste! Comment veux-tu que je..."
    Il resta interdit, exaspéré par cet entêtement farouche de celle qu'il avait trop peu appelée "belle-soeur". Il la prit fermement par le bras et l'entraîna sur le chemin escarpé qui menait au village, atterré par le reflet vide qui flottait dans ses yeux, autrefois regard perçant et profond.

     Ils pénétrèrent dans le village silencieux, traversant une vaste place au milieu de laquelle gisaient quelques branches calcinées, et entrèrent dans la plus grande des habitations. Une lumière chaude et accueillante éclaira leurs visages, celle d'un feu qui mâchonnait quelques bûches au centre de la pièce. Une dizaine de personnes étaient assises autour de celui-ci, et dévoraient de leurs yeux brillants le visage torturé de tristesse de la jeune femme. A la lumière du feu, on pouvait distinguer ses traits creusés par les larmes qui avaient coulé toute la nuit, laissant derrière elles d'épaisses traces salées sur son visage pâli par la fatigue, entouré de sa lourde chevelure boueuse et emmêlée, et de lourdes cernes soulignaient ses beaux yeux d'émeraude. Ils s'installèrent l'un contre l'autre, tournés vers la chaleur du feu, observant à leur tour les gens les plus importants du village. Tout comme celui de Nyd, leurs regards n'étaient plus les mêmes, et leurs allures altières et fières d'autrefois étaient celles de celui qui se replie sur lui-même pour mieux s'enfermer dans son silence malheureux.
par Nyd Drakan publié dans : Nouvelles courtes
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