L'Australie, part 1
Premier volet de mon petit dossier sur l'Australie ! Commençons par une présentation générale de la situation, avec quelques figures importantes et les problèmes généraux auxquels le continent doit faire face.
I. Acteurs et problèmes
• Ceux qui agissent et ceux qui subissent
• Quelques figures importantes
- Quelques membres du ministère australien:
o Penny Wong, ministre du changement climatique et de l’eau
o Peter Garrett, ministre de l'environnement, du patrimoine et des arts
o Martin Ferguson, ministre des ressources et de l'énergie (du tourisme, aussi !)
o Tony Burke, ministre de l'agriculture, de la pêche et des forêts
- Kerry Schott : administration publique (compagnie du nom de Water Sydney). Son rôle: fournir de l'eau de qualité à 4,5 millions d'habitants.
• Les fermiers
Ce sont les premières victimes (et les premiers provocateurs) de la sécheresse. Sans eau, ni l'agriculture ni l'élevage ne sont possibles. 40% d'entre eux sont installés dans un bassin entouré par les deux plus grandes rivières du continent, où ils cultivent du coton, du riz, du blé ou des fruits depuis la seconde guerre mondiale. Ne réalisant pas que l'eau existe en quantités limitées, les agriculteurs n'ont pas hésité à irriguer leurs terres pour alimenter des plantes très désireuses en eau. Aujourd'hui, le suicide dans le milieu fermier est monnaie courante, de nombreuses familles ont fait faillite et ont dû s'installer en ville. Il existe même des "water entitlements", des droits à l'irrigation. Pour compliquer les choses, même lorsqu'ils ne reçoivent plus d'eau, les fermiers irrigateurs doivent continuer de payer des charges fixes pour maintenir les infrastructures.
N'oublions pas; le secteur agricole représente 3 à 4% du PIB et 15% des exportations. C'est beaucoup !
• Les problèmes majeurs
- Dix ans de sécheresse ; (depuis 1996, pour être précise) tous les records sont battus (et tous les réservoirs sont à sec).
- Très mauvaise gestion de l'eau: l'agriculture autant que les villes dépendent quasiment entièrement des deux rivières majeures de l'Australie: la Darling (2 740 kms) et la Murray (2 530). N'oublions pas que leur débit peut varier de 1 à 4700. L'utilisation fréquente de ces rivières force le continent à dépenser des sommes monstrueuses pour dépolluer l'eau. De plus, seulement 12% de l'eau est recyclée, et les eaux de ruissellement ne sont quasiment pas récupérées.
- Distribution de l'eau problématique: les fuites du réseau sont de 9% (contre 12 à Londres et 5 à Singapour). La croissance de la population est également une difficulté de plus à gérer: chaque année, Sydney accueille 55 000 nouveaux habitants.
- Changer les mentalités: aujourd'hui, les Australiens utilisent entre 260 et 300 litres d'eau par jour (à peu près autant que les Américains). De nombreux habitants possèdent des jardins avec des espèces de plantes occidentales très demandeuses en eau plutôt que des espèces locales mieux adaptées.* De même, les agriculteurs construisent de nombreux barrages et réservoirs pour stocker l’eau : toute cette eau n’atteint pas les deux rivières principales et les empêche d'atteindre les villes.
- L’évapotranspiration des forêts d’accroît à cause de la chaleur ; les racines pompent plus avidement l’humidité du sol... Du moins ce qu'il en reste ! De nombreux arbres meurent à cause de la sécheresse.
- Montée du taux de salinité des eaux : 500 000 tonnes de sel sont retirées de la Murray chaque année.
- Dérèglement des écosystèmes et réduction de la biodiversité; certaines espèces de poissons se développent, au détriment d'autres.
I. Acteurs et problèmes
• Ceux qui agissent et ceux qui subissent
• Quelques figures importantes
- Quelques membres du ministère australien:
o Penny Wong, ministre du changement climatique et de l’eau
o Peter Garrett, ministre de l'environnement, du patrimoine et des arts
o Martin Ferguson, ministre des ressources et de l'énergie (du tourisme, aussi !)
o Tony Burke, ministre de l'agriculture, de la pêche et des forêts
- Wendy Craik : dirige l’agence du bassin des deux rivières principales du pays. Le bassin a la superficie de deux fois la France ! Son rôle principal: gérer ce bassin en fonction des débits très aléatoires des deux rivières (variations de 1 à 4700).
- Kerry Schott : administration publique (compagnie du nom de Water Sydney). Son rôle: fournir de l'eau de qualité à 4,5 millions d'habitants.
• Les fermiers
Ce sont les premières victimes (et les premiers provocateurs) de la sécheresse. Sans eau, ni l'agriculture ni l'élevage ne sont possibles. 40% d'entre eux sont installés dans un bassin entouré par les deux plus grandes rivières du continent, où ils cultivent du coton, du riz, du blé ou des fruits depuis la seconde guerre mondiale. Ne réalisant pas que l'eau existe en quantités limitées, les agriculteurs n'ont pas hésité à irriguer leurs terres pour alimenter des plantes très désireuses en eau. Aujourd'hui, le suicide dans le milieu fermier est monnaie courante, de nombreuses familles ont fait faillite et ont dû s'installer en ville. Il existe même des "water entitlements", des droits à l'irrigation. Pour compliquer les choses, même lorsqu'ils ne reçoivent plus d'eau, les fermiers irrigateurs doivent continuer de payer des charges fixes pour maintenir les infrastructures.
N'oublions pas; le secteur agricole représente 3 à 4% du PIB et 15% des exportations. C'est beaucoup !
• Les problèmes majeurs
- Dix ans de sécheresse ; (depuis 1996, pour être précise) tous les records sont battus (et tous les réservoirs sont à sec).
- Très mauvaise gestion de l'eau: l'agriculture autant que les villes dépendent quasiment entièrement des deux rivières majeures de l'Australie: la Darling (2 740 kms) et la Murray (2 530). N'oublions pas que leur débit peut varier de 1 à 4700. L'utilisation fréquente de ces rivières force le continent à dépenser des sommes monstrueuses pour dépolluer l'eau. De plus, seulement 12% de l'eau est recyclée, et les eaux de ruissellement ne sont quasiment pas récupérées.
- Distribution de l'eau problématique: les fuites du réseau sont de 9% (contre 12 à Londres et 5 à Singapour). La croissance de la population est également une difficulté de plus à gérer: chaque année, Sydney accueille 55 000 nouveaux habitants.
- Changer les mentalités: aujourd'hui, les Australiens utilisent entre 260 et 300 litres d'eau par jour (à peu près autant que les Américains). De nombreux habitants possèdent des jardins avec des espèces de plantes occidentales très demandeuses en eau plutôt que des espèces locales mieux adaptées.* De même, les agriculteurs construisent de nombreux barrages et réservoirs pour stocker l’eau : toute cette eau n’atteint pas les deux rivières principales et les empêche d'atteindre les villes.
- L’évapotranspiration des forêts d’accroît à cause de la chaleur ; les racines pompent plus avidement l’humidité du sol... Du moins ce qu'il en reste ! De nombreux arbres meurent à cause de la sécheresse.
- Montée du taux de salinité des eaux : 500 000 tonnes de sel sont retirées de la Murray chaque année.
- Dérèglement des écosystèmes et réduction de la biodiversité; certaines espèces de poissons se développent, au détriment d'autres.
- Multiplication des feux de forêt à cause de la sécheresse: pose problème pour stocker les cendres et provoque l'érosion des sols.
- Des mines gourmandes en eau: L'Australie possède une mine qui constitue la première réserve d'uranium au monde, la quatrième de cuivre et la cinquième en or. Elle est gérée par la plus grosse compagnie minière qui soit: BHP Billiton, avec 39000 employés, 100 sites, 25 pays, 47 milliards de dollars de chiffre d’affaire en 2007 et 13,7 milliards de profit. Cette mine, qui consomme déjà des quantités phénoménales en eau, connaît des travaux d'agrandissement; cela représente 35 millions de litres en plus. Un pipeline de 320 kms de long va être construit pour récupérer l'eau de la mer.
*Heureusement, il existe aujourd'hui des restrictions: les habitants ne sont autorisés à arroser leur jardin que deux fois par semaine, et les systèmes d'arrosage automatiques sont interdits.
• Quand politique et économie ne se sont pas adaptées à leur environnement...
J'en fais carrément un paragraphe à part, car il faut avouer que les bêtises économiques et politiques de l'Australie sont de taille.
Étant donnée la taille de ce pays-continent, chaque région (appelée État) a de grandes responsabilités... Dont la gestion de l'eau. Quand chacun consomme beaucoup d'eau sans trop se préoccuper du voisin, c'est une mauvaise idée. Je vous parlerai des solutions dans mon 3e volet !
Autre imbécilité: l'Australie, petite maligne, produit des tas de choses, comme du... riz pour les Japonais. Bien sûr, en considérant que l'eau est un bien gratuit et inépuisable, c'est très intéressant, et la libre concurrence a permis à notre continent de se faire une super place dans le marché du riz. Quand l'eau deviendra trop rare et trop chère, les pays les mieux arrosés comme la Thaïlande et la Malaisie... De quoi déstabiliser l'Australie, économiquement parlant. Ses exportations se sont déjà réduites d'une vingtaine de %... Ça fait mal.
Sources:
- L'Avenir de l'eau, petit précis de mondialisation II, Erik Orsenna
- Docus sur l'Australie par Arté (podcasts disponibles sur iTunes)
Au prochain épisode: études de quelques cas précis.
*Heureusement, il existe aujourd'hui des restrictions: les habitants ne sont autorisés à arroser leur jardin que deux fois par semaine, et les systèmes d'arrosage automatiques sont interdits.
• Quand politique et économie ne se sont pas adaptées à leur environnement...
J'en fais carrément un paragraphe à part, car il faut avouer que les bêtises économiques et politiques de l'Australie sont de taille.
Étant donnée la taille de ce pays-continent, chaque région (appelée État) a de grandes responsabilités... Dont la gestion de l'eau. Quand chacun consomme beaucoup d'eau sans trop se préoccuper du voisin, c'est une mauvaise idée. Je vous parlerai des solutions dans mon 3e volet !
Autre imbécilité: l'Australie, petite maligne, produit des tas de choses, comme du... riz pour les Japonais. Bien sûr, en considérant que l'eau est un bien gratuit et inépuisable, c'est très intéressant, et la libre concurrence a permis à notre continent de se faire une super place dans le marché du riz. Quand l'eau deviendra trop rare et trop chère, les pays les mieux arrosés comme la Thaïlande et la Malaisie... De quoi déstabiliser l'Australie, économiquement parlant. Ses exportations se sont déjà réduites d'une vingtaine de %... Ça fait mal.
Sources:
- L'Avenir de l'eau, petit précis de mondialisation II, Erik Orsenna
- Docus sur l'Australie par Arté (podcasts disponibles sur iTunes)
Au prochain épisode: études de quelques cas précis.
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