Coup de Foudre

Publié le par Nyd Drakan

Je viens de retrouver un début de nouvelle (encore une pas terminée! À quand le Guiness des records?). C'est une introduction qui devait mener à un scénario du style "Je repense à toi, Soldat". Et puis non, finalement, malgré toutes les idées que j'avais pour faire quelque chose de sympa, c'est pas sorti. Allez savoir...
Donc j'ai appelé ce p'tit morceau de texte "Coup de Foudre". Il n'aura jamais de suite, et il est vraiment court, mais je me suis dit qu'il valait la peine que je le mette là.

Coup de Foudre

    Une douleur vive saisit mes tripes, sans prévenir. Sans les années d'entraînement qui m'enseignèrent la résistance, je me serais tordu de douleur, me tortillant dans la poussière brûlante de la cour. Mais il n'en fut rien; je tins debout, tête haute. Je sentis dans ma poitrine un battement de coeur un peu plus fort que les autres; d'ailleurs, à bien réfléchir, chaque palpitation se faisait plus forte, plus brève, plus rapide que la précédente. Elle passa devant moi, répandant dans l'air environnant son parfum envoûtant de délicatesse. Je mourais devant elle, tant sa beauté me piquait le coeur; sans pitié, son charme lancinait ma chair autant que mon âme; mon corps tout entier se trémoussait d'amour, alors que je ne l'avais aperçue qu'une fois. Comment se pouvait-il qu'une race si cruelle que la notre, corrompue par le pouvoir, ait pu mettre au monde créature si parfaite? Si j'avais été seul en cet instant, j'en aurais sangloté d'émotion. Elle passa devant moi, ne prêtant attention qu'à sa demoiselle de compagnie, une lueur inquiète dans le regard qu'abritaient ses deux yeux ocres, aux teintes orangées - existait-il au monde de plus beaux iris que ceux-ci? Je crois que les flammes de la passion avaient laissé leur empreinte autour de si belles pupilles. Et sa chevelure, noire de jais, aux boucles plus parfaites que les rondes houles de l'Océan! Et son corps, fin, élancé, tenu droit par cette modeste fierté, plus altier que ceux des plus nobles rois d'antiquité, camouflé avec goût par cette robe, simple et complexe à la fois, tant les tissus cousus sans détour étaient sublimés par la présence de ses courbes, juste sous eux! C'était le seul prédateur au monde, encore innocent, capable de saisir entre ses griffes la toute la fragilité d'un agneau nouveau-né sans la tuer du premier coup. Elle ne m'avait pas vu, pourtant elle tenait entre ses mains - ô combien délicates! - ma vie, mon âme, mon coeur - elle était ma raison de vivre.
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Publié dans Folies Textuelles

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A
Un peu utopique, mais très bien quand meme ;)
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